Regards croisés sur les arts de la Mélanésie
Sélection d’œuvres du fonds d’art contemporain kanak et océanien
Nouvel accrochage dans la salle Bérétara dédiée à la présentation du Fonds d’Art Contemporain Kanak et Océanien (FACKO). La sélection d’œuvres en 2010 (peintures, gravures, aquarelles, etc.) porte essentiellement sur la Mélanésie, avec notamment quelques unes des récentes acquisitions effectuées en Papouasie-Nouvelle-Guinée (2009).Le Centre culturel Tjibaou a pour mission de valoriser et de promouvoir l’art contemporain kanak et océanien. Une importante collection de plus de 1000 œuvres constitue le Fonds d’art contemporain kanak et océanien (FACKO).
Chaque année, une partie de ces œuvres, anciennes ou récemment acquises, est réunie pour une nouvelle présentation dans la salle Bérétara. La sélection 2010, intitulée « Regards croisés sur les arts de la Mélanésie », présente plus de soixante pièces qui évoquent l’art contemporain mélanésien d’un point de vue plastique, esthétique, symbolique, politique et culturel sous toutes ses formes : peinture, sculpture, textile, objet, gravure et vidéo...
|
|
Le Fonds d’art contemporain kanak et océanien.
Avec une dotation de départ d’une centaine d’œuvres, le Fonds d’Art Contemporain Kanak et Océanien (FACKO) a été créé officiellement en 1995. En mai 1998, à la date de l'inauguration du centre culturel Tjibaou, la collection comptait alors quelques 300 œuvres d'artistes contemporains kanak et océaniens. Aujourd’hui, avec le chiffre qui a largement franchi la barre des 900 œuvres ; celles-ci ont intégré une collection particulière qui continue de s’enrichir et de s’ouvrir aux nouveaux médias.Il s’agit, en premier lieu, d’associer l’art contemporain kanak à la création de la région Pacifique et de démontrer sa capacité à proposer une autre alternative aux critères qui définissent l’art contemporain dans le monde. La diversité des expressions, la parenté des peuples mélanésiens, la multiplicité des formes et des techniques, sont autant d’arguments qui plaident pour que l’art océanien d’aujourd’hui soit plus présent dans les circuits artistiques internationaux.
On reconnaît aujourd’hui la grande valeur des Arts Premiers parce qu’il s’agit de référents fondateurs. Particulièrement au 20ème siècle, de nombreux artistes occidentaux se sont largement inspirés de ces sources. Les cubistes, par exemple, ont réinterprété le monde en créant un nouvel ordre esthétique. Pourtant, celui-ci était aussi une tentative de retour à des formes plus originelles. Autre exemple : celui d’André Breton (Tinchebray, 1896 - Paris, 1966), intellectuel et fondateur du mouvement littéraire et artistique Surréaliste, dont l’atelier recelait plus de cent cinquante pièces du patrimoine océanien et amérindien, preuve s’il en est que la création est perméable, circule et fait des bons dans le temps. L’art contemporain kanak n’échappe pas à cette règle universelle. Il puise sa force dans sa capacité à questionner le monde d’hier et d’aujourd’hui, et à anticiper celui de demain.
L’exposition - ou plutôt le nouvel accrochage -, qui vous est présentée dans cet espace, consacré à la collection permanente de l’ADCK - centre culturel Tjibaou, reflète une volonté de montrer régulièrement des réflexions et des œuvres d’artistes contemporains kanak, de la région Pacifique et aussi internationaux. Elles ont été acquises dans le cadre de missions d’acquisitions, de projets artistiques ou de résidences d’artistes (workshops) programmées, ici-même, au centre culturel Tjibaou.
2010 – Regards croisés sur les arts de la Mélanésie
Cette année, nous mettons l’accent sur un certain nombre de pièces qui ont été acquises depuis le début des années 1990. Le propos pourrait être le suivant, sous la forme d’une interrogation : quelle est la particularité de cette collection d’art contemporain, qui se veut authentique, loin des contingences liées au marché international ou au monde plus spécifique de l’art actuel et complexe dans les pays occidentaux, voire « émergeants » ? Chaque visiteur, qui pénètre dans cet espace, est amené à s’interroger sur cette idée « d’œuvre d’art » dans un pays tel que le nôtre ; mais aussi dans une zone géographique qui n’occuperait pas une position stratégique, d’un point de vue économique ou culturel, lui permettant d’attirer les convoitises liées à la nature de ces objets-clefs, pièces maîtresses ou créations contemporaines qui composent sa collection.Des sculptures, des peintures, des installations, des dessins et estampes, ainsi présentés, servent à démontrer le dynamisme de la création contemporaine kanak et régionale, mais aussi notre capacité à nous questionner sur les fondations et sur l’avenir de la création contemporain au travers d’une collection qui a besoin d’être diffusée, d’être valorisée et soutenue – par une pédagogie et un éclairage sans cesse renouvelés. Les nouvelles générations d’artistes, comme les précédentes, ont ouvert - et poursuivent dans cette voie - de nouveaux espaces esthétiques et imaginaires. Chacun tend à suivre son chemin alors que les sujets traités restent souvent liés à un contexte identitaire revendiqué.
Retour à Expositions temporaires


