Le corps en mouvement
Jusqu'au 1er avril 2012, salle Bérétara
Oeuvres issues du Fonds d’art contemporain kanak et océanien
Le thème abordé est celui de l’artiste qui observe le monde sans cesse en mouvement. La crise actuelle qui secoue (aussi) le monde artistique représente un défi pour la création artistique locale. Quel avenir espérer pour une société si l’offre culturelle n’est pas soutenue ? « Le corps en mouvement » représente celui du créateur qui communique de plus en plus, mais aussi celui de notre société de consommation qui doute et s’agite. Cette problématique permettra au public de découvrir quelques artistes du pays et de la région Pacifique, qui se veulent aussi acteurs d’un monde traversé par un malaise social.
Cette exposition fait écho à celle proposée dans l’allée centrale : « Regarde-moi ».
Tarif : Voir Pratique
Qu’est ce que la fission d’un élément atomique, sinon le mouvement d’éléments physiques.
Qu’est-ce la parole, le discours, sinon le mouvement des vibrations dans l’air.
Qu’est-ce que la création, sinon la mise en mouvement de notre corps psychique.
A travers des oeuvres aux techniques variées, aux thèmes et aux contextes de création très divers, la récurrence du corps en mouvement apparaît comme le fil conducteur de l’exposition : mouvement des robes (Stéphanie Wamytan, « La mission » 2009), mouvement des mentalités (Stéphanie Wamytan, 2009 ; Greg Semu, 2010), mouvement de balancier (Yann Conny, « L’équilibre » 2009) qu’opèrent les sociétés entre guerre et paix (John Siune, « Tribal fighting » 1995). Mouvement de populations (Aman, « Spirale », 2007), mouvement de pensées et de croyances religieuses comme le christianisme dont l’iconographie de la Renaissance permet à des artistes d’aujourd’hui d’explorer et de [re]construire une culture océanienne, elle aussi en perpétuel mouvement.
Lorsque plusieurs pièces cohabitent
Le Fonds d’art contemporain kanak et océanien (FACKO) possède plus de 2000 oeuvres et chaque année, le Département des Arts Plastiques et des Expositions de l’ADCK met en valeur la richesse et la variété de cette collection par la sélection d’une cinquantaine de pièces retenues autour d’une thématique.
« Le corps en mouvement » est inspiré par l’actualité des Jeux du Pacifique. Dans le domaine du sport, le corps représente un aspect important dans toutes les disciplines. Les pièces récemment acquises par l’ADCK-CCT (Semu, Wamytan, Boene…) intègrent cette sélection. L’idée de départ est le « jeu » sur les termes.
L’oeuvre d’art est unique. Mais l’accrochage permet une autre lecture lorsque plusieurs pièces cohabitent ; elles sont reliées par un même thème ou bien communiquent entre elles par des formes ou des sujets identiques, pouvant avoir un écho entre elles (les cercles, le mouvement des éléments naturels, des corps représentés).
La 1e partie de la salle relate cet aspect précisément. Les éléments naturels sont en perpétuel mouvement : le changement climatique ou le déplacement des corps solides et liquides.
Une chorégraphie se lit dans cette section, qui sera reprise explicitement avec les huit robes de Stéphanie Wamytan dans la partie centrale de la salle.
Vous pouvez retrouver cette exposition à l’intérieur de la salle Bérétara jusqu’au 1er avril 2012. Le nom de cette dernière est tiré d’un mot kanak (langue vernaculaire xârâcùù, zone de La Foa, Boulouparis, Thio, Canala) qui signifie « regarder, admirer ». Cet espace porte bien son nom, car il s’agit bien ici de venir admirer et contempler les oeuvres issues de la collection du FACKO.
Exposition jusqu’au 1er avril 2012, salle Bérétara, centre culturel Tjibaou
Quelques unes des oeuvres exposées
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Sepik meri, Jakupa AKO
« Sepik meri », Jakupa AKO (1995) – Fonds d’art contemporain kanak et océanien © ADCK - CCT |
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Matthieu VENON, Homo Cetus
« Homo Cetus », Matthieu VENON - Fonds d’art contemporain kanak et océanien © ADCK - CCT |
Personnage en os
Avec de la poudre de jade
Une base de nickel
Des éclats de perles
Une goutte de niaouli
Une esquille de kohu
Et beaucoup de volonté
Je ferai reverdir tes collines
Avec des fruits d’araucaria
Un soupçon de vanille
Des bris de corail
La sève du kaori
Et une cabane de squat
Je redonnerai coeur à ta mangrove
Avec du sel
Du miel
De la sueur de tortue
Et du sperme de lézard
Je referai palpiter tes veines
Avec des troncs de bugny
Des os de cachalot
Et de la paille fraîche
Je reconstruirai ma case
avec l’encre de seiche
et le sang des baleines
J’écrirai un pays
Textes : Stéphane Camille
Eloquentia Nativa dit Autoportrait à la rose, Valérie MORIGNAT

Cette oeuvre fait partie d’une série de photographies subaquatiques intitulée « Miracle forever » mettant en scène des personnages sous l’eau selon un procédé identique. Cette série a été récompensée en 2009 à l’Internationnal Photography Awards (IPA) à New-York, par la mention honorable.
« Eloquentia Nativa dit Autoportrait à la rose », Valérie MORIGNAT (2007) - Fonds d’art contemporain kanak et océanien © ADCK – CCT
Yvette BOUQUET Traces de Béti
En 1995, une exposition sur les réflexions des générations kanak actuelles sur les photographies de Fritz Sarasin (1859-1942) se tient au musée de Nouvelle-Calédonie. Pour l’occasion, des reproductions sur toile de portraits anthropomorphiques, que l’ethnographe suisse a réalisées entre 1911 et 1912, sont présentées au public.
L’exposition est ensuite présentée au centre culturel de Hienghène. C’est là que se trouvent les reproductions lorsque le cyclone Béti (le 28 mars 1996) frappe le pays, dévastant la région et endommageant les reproductions.
Dans la consternation qui suit le passage du cyclone, les toiles endommagées et délavées sont offertes à des artistes locaux afin qu’ils les réinterprètent et leur redonnent vie. Ainsi, nouvellement investies d’émotions et métamorphosées en objets d’art contemporains, ces oeuvres ont donné un nouveau souffle à l’exposition et ont participé au soutien des victimes du cyclone.
« Traces de Béti », Yvette BOUQUET (1997) - Fonds d’art contemporain kanak et océanien © ADCK - CCT
Exposition jusqu’au 1er avril 2012, salle Bérétara, centre culturel Tjibaou
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Jakupa AKO est originaire de la province des Highlands. Tandis qu’il travaille comme « homme à tout faire » dans le collège de Goroka, il s’intéresse aux travaux plastiques et aux expositions des étudiants. Il se met rapidement à peindre sur toutes sortes de supports et ses travaux font l’objet d’encouragements de la part du responsable du département des arts de cette institution.
Œuvre réalisée dans le cadre de l’exposition « Chaque baleine est une île », présentée en 2008 à la bibliothèque Bernheim, Nouméa.