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Knk m'en vôtre /

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Résidence-exposition de Stéphanie Wamytan, avec la participation de Franck Chan San

Exposition temporaire jusqu’au dimanche 27 mai 2012, salle Kavitara, village 1

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Le projet de Stéphanie Wamytan s’apparente ici à une réflexion sur la quête de notre propre identité. Sa première exposition personnelle, au centre culturel Tjibaou, intitulée bien justement « Knk m’en vôtre » – lire kanakement vôtre –, évoque le langage contemporain, parlé et écrit, d’une jeunesse métissée, ouverte aux cultures identitaires qui nous côtoient au quotidien.
On n’est pas obligé d’avoir la peau noire pour se sentir kanak, nous dit l’artiste avec fermeté et engagement. Le titre de son exposition se réfère à l’expression courante amicalement vôtre. Sa culture est aussi la nôtre. Elle souhaite la partager et l’enrichir avec l’artiste plasticien Franck Chan San, mais aussi avec nous tous.
Ces dernières années, l’oeuvre sans cesse renouvelée de la jeune plasticienne s’est principalement dévoilée lors de nombreux projets collectifs tout aussi divers qu’enrichissants (Nouméa, Paris, Kaohsiung, Wellington). Son travail, où la gravure occupe une place primordiale, fait l’objet d’un intérêt croissant de la part des institutions publiques qui soutiennent la création artistique locale. Après une exposition solo à Wellington, en Nouvelle-Zélande (avril 2011), donnant lieu à une collaboration sur le thème des rituels au centre culturel Tjibaou (novembre 2011), Stéphanie Wamytan nous présente ses dernières créations réalisées en résidence.
Son travail s’articule autour de la gravure, de la peinture sur toile et de l’installation (métal). Il révèle un regard grave, non dénué d’humour, sur notre quotidien mais aussi sur l’actualité sociopolitique.

Color – KNK M’EN VOTRE – Sun : cette estompe évoque ce qu’il y à au fond de moi, une réflexion sur le drapeau de mes couleurs, vision de l’art de la rue, le graphisme des abris bus, l’art urbain de jeunes des quartiers populaires ou simplement des guérites tribales, les messages sms, abréviations de la « life » aujourd’hui. Mais cette estompe se veut être identitaire, elle fait partie de moi, la matrice de base est la composante de mes empreintes de pouces. Linogravure : fabrication d’une matrice avec du linoleum, le support a été gravé à la gouge après avoir été dessiné sur la plaque. Selon le trait que vous avez sur le croquis, s’il s’agit d’un trait épais et marqué, la technique du linoleum y est adaptée. Pour cette technique l’encrage se fait par l’application du rouleau encré pour un rendu tirage négatif, tout ce qui ne sera pas creusé apparaîtra en trait blanc avec cette technique. Vous pouvez ré-intervenir avec le positionnement de cache sur la matrice, par des formes et des écritures, ainsi le reste apparaît soit en couleur, soit en noir.

L'artiste se livre à nous

L’exposition « KNK m’en vôtre », avec la participation du plasticien Franck Chan San, est la continuité de mon travail, une démarche identitaire, l’identité d’un métissage, liée au détournement d’images ou d’objets de mon environnement, du quotidien, et puisés dans mes origines : ma culture kanak. Revisiter, traduire cette tradition avec les supports actuels.

Cette exposition est pour moi, un retour à ma première arme qu’est la peinture, délaissée durant ces dernières années, pour parfaire la promotion d’une technique moins connue que celle de l’estompe. Voilà ce qu’a été mon travail depuis mon retour au pays, mon exil, ma fin d’étude en 2005 et depuis 2006 à 2012, un travail de promotion d’un savoir-faire qui se perd, mais aussi un travail qui s’attache à être partager. Sortir l’oeuvre de son contexte d’atelier et l’offrir à l’autre afin d’échanger et produire des émotions, je ne veux pas faire de l’art juste pour qu’il soit beau mais pour qu’il produise un effet sur la personne, je pars du principe que créer des oeuvres c’est donner naissance à des enfants, et, comme tout parent j’ai le souhait que mes enfants grandissent et quittent la maison.

Cette exposition est un clin d’oeil à notre actualité : 2014 approche, et une inquiétude, un questionnement, perdure. Mais nous, que faisons-nous depuis tout ce temps en créant du lien entre nos communautés, en se mariant ? Et ce métissage, tissé depuis bien plus longtemps, que celui de ma génération ? Aujourd’hui nous sommes l’identité de notre pays, un écrin dans lequel toutes les différences en font une force, une richesse. Etre complémentaire, accepter les différences, vivre ensemble voilà pourquoi nous nous proposons de faire cette exposition commune ici au centre culturel Tjibaou, dans la maison des richesses, l’outil de la culture kanak mais aussi le reflet du travail commun de toutes les composantes de ce pays. « Knk m’en vôtre » vous invite amicalement à venir voir le fruit de notre travail, avoir un regard extérieur d’un nom kanak mais enfant du pays, et bien cordialement à suivre notre ordre de mission qui est de construire ensemble.

Les installations de ces trois dernières années traduisent bien ma quête, ma recherche identitaire de métisse, il est vrai que je n’ai rien physiquement qui s’apparente à être une petite kanak, mon héritage, le nom de mon père, ainsi que la ligne de conduite qu’il m’a tracé, que je m’applique et m’efforce de suivre.
Les installations « excès de convoitise » avec l’utilisation de bambous gravés, revisités – prendre un support traditionnel et en réactualiser les motifs. Ce travail de détournement est pensé, réfléchi et posé dans le respect. Je pense que tout acte doit être mûrement réfléchi, penser aux conséquences que cela implique, être individualiste. Dans la culture occidentale c’est possible, mais en tant que kanak, même métisse avec un nom kanak, je ne suis pas seule, j’appartiens à un groupe.
La « mission » et la « cueillette » ont été des challenges et des tournants décisifs à la mise en avant de mon travail de plasticienne. D’autres supports, afin de m’exprimer, traitent la robe comme une simple feuille vierge qu’il faut interpréter à sa manière, avec son histoire et avec sa sensibilité.
Stéphanie Wamytan.

Les oeuvres de Stéphanie Wamytam

expo-knak-m-en-votre-2LATITUDE 2010-LA6TUDE, ME IO, Droit commun-Droit particulier, KNK MEN VOTE, IGNAME CHEF :

Cette série de toiles s’inspirent de notre jeunesse, d’une tradition souvent orale, de la vision de l’art de la rue, là aussi emprunt d’un graphisme des abris bus, l’art urbain ou la vision simpliste et épuré de symbole traditionnel, revisité par des messages subliminaux sur des murs.

Lorsque j’ai fait la connaissance de Franck, il avait déjà ouvert sa galerie et avait fait à l’entrée de celle-ci un mur d’expression où on pouvait y lire cette mention « si t’as des problèmes écris-les sur le mur », moi mes problèmes je les couche sur mes toiles.

Technique : acrylique sur toile, encre, encre de chine, feutre.

 

expo-knak-m-en-votre-3PAYS, ASPECT, 100Face, système knk, flux :

Cette série de toiles puisent sa force dans notre pays, une carte postale remplie de symbolisme où la présence d’un monde invisible est quasiment omniprésent, relation entre le monde d’aujourd’hui et d’hier, que serions-nous aujourd’hui sans ces autres, qui habitent nos vies...

Technique : acrylique sur toile, pastel gras, encre de chine, feutre.

 

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« RELIGION » et « LA MONNAIE » :

Ces deux toiles expriment deux mondes qui se côtoient et qui cohabitent ensemble, existence des mondes visibles et invisibles, la religion n’a pas fait que du bien en colonisant les peuples, mais encore de nos jours, elles sauvent des personnes dans le monde, elle est présente et libre. Notre Dame du pacifique réunie a auprès d’elle toutes les ethnies du territoire ...

Je suis catholique, moins pratiquante, mais je me dois par respect pour mes pères croyants, de faire mes pâques, l’un de mes rituels.

La monnaie, ou l’arbre généalogique d’une descendance, petit bout d’homme lié ensemble afin de traduire au mieux ta place dans la hiérarchie ou asseoir ta position, ton rang social.

Technique : acrylique sur toile, encre de chine, feutre, brou de noix

 

expo-knak-m-en-votre-6« EFFIGIE » et « EGERIE » :

Ces 2 installations avec des pièces de 1FRCS, le franc symbolique avec l’effigie du cagou, oiseau typique du territoire, emblématique, un patrimoine souvent oublié, voir bazardé.

Elles sont mon patrimoine livrées pour vous, à la poursuite de coudre et découdre le vêtement, je crois avoir trouvé ma vocation, icône revisitée enrichie par la modernité, actualité d’une époque résolue et révolue Mon drapeau, ou l’enseigne lumineuse, comme les icônes qui vous tracent une voie, un guide dans la nuit - une lumière, mon phare.

Mes armures pour me sentir métisse ou la vision plus éclectique des différences, une construction de répétition modelée au grès d’une création diverse, plusieurs écritures graphiques afin de traduire au mieux mon métissage et de le partager.

Technique : pièces de 1 frcs percée et cousue.

Propos de l'artiste Frank Chan San

expo-knak-m-en-votre-7Mes Rouleaux Journaux
Pour moi, une page des Nouvelles Calédoniennes c’est le quotidien d’ici, le moment présent, le côté éphémère de cette mémoire de l’instant, le tout noyé dans un tsunami d’informations médiatiques, écrites et visuelles qui seront déjà digérées et oubliées le jour d’après.
Chacun de nous y pioche des brides de par-ci par-là et compose son actualité à sa façon. Ce sont ces multitudes d’interprétations de l’actualité qui font que nous ne sommes pas « singulier » sur cette île mais « pluriels ». Ce sont les raisons pour lesquelles ces journaux sont mon support de prédilection.

Mon travail pour cette exposition est un melting-pot de symboles et de codes mélanésiens et européens. Les gros titres se fondent avec la ligne dessinée et les textes supportent, renforcent ou détournent la représentation, poussant chacun des spectateurs à l’interpréter selon son vécu, ses origines et sa culture.

Certains pourront trouver mon discours sans fondement et, bien que j’empreinte des éléments aux traditions, au patrimoine et à l’histoire dans ma démarche, je ne nie pas que ce ne sont pas mes préoccupations premières. Mon leitmotiv est l’actualité et mon ressenti d’au jour le jour. Ce projet reste avant tout mon interprétation du pays kanak à travers mon hôte, Stéphanie Wamytan, de ses préoccupations et de sa sensibilité.

expo-knak-m-en-votre-8Le Gardien (190/60 cm) et Marie, la dame de Carrée (168/60 cm)
Tout deux symboliquement placés à l’entrée de cette exposition, tels deux chambranles de grande case mélanésienne, « le gardien » accompagne « Marie la dame de carrée » pour accueillir le visiteur.
Les détails sculptés du chambranle homme, peuvent rappeler tout aussi bien l’écaille de la carapace de tortue que le graphisme du bouclier présent comme icône ou blason symbole de protection et de sécurité.
Le concept de "Marie, la dame de Carrée" provient d’un amalgame de la dame de carreau du jeu de carte et de la bouteille carrée. La dame de carreau symbole de vengeance mais aussi de justice et la bouteille carrée élément redondant du quotidien local. On pourrait l’interpréter comme vengeance et alcoolisme, mais ce n’est pas le but de ce tableau. Il a été réalisé suite à l’anecdote d’un ami invité à un mariage coutumier : après une fin de soirée arrosée, un cousin éméché sous l’emprise de l’alcool entré violemment dans la maison familiale pour y dérober des fonds de bouteille. La mère, pour remettre les choses au clair, lui éclata une bouteille carrée sur la tête, puis tout revint dans l’ordre.
Pour moi, bien que la société mélanésienne soit patriarcale, la femme tient un rôle décisif dans le bon fonctionnement de celle-ci. Elle sort de l’ombre et s’impose quand il le faut.

Le Saint ‘K’alice, buvez mes paroles (126/60 cm)
L’importance de la parole est toujours omniprésente. Dorénavant se faire entendre a pris une toute autre mesure avec un porte-voix. Maintenant, tout le monde peut le faire avec une facilité déconcertante ! Dans une manifestation, une grève, un bingo... La parole se démocratise, se vulgarise... En rendant le porte-voix commun, les valeurs de la hiérarchie se sont effacées... Plus besoin d’être un chef pour se faire entendre, juste des envies de leadership et des piles pour le « Saint ‘K’alice ».

Syndrôme de Jérusalem (190/60 cm)
Après avoir réalisé le syndrome de Stéphanie qui illustrait l’attachement et les rapports de mon hôte à sa culture, je voulais me diriger vers un thème qui lui était tout aussi important, la religion. Elle m’inspirait cette version plus sereine, locale et contemporaine de cette icône plus proche du dormeur du val de Rimbaud que d’une crucifixion. Il reste central dans l’installation, comme un poteau central vers lequel sont dirigés les deux chambranles, « Marie, la dame de carré » et « le gardien ».

expo-knak-m-en-votre-9Les hôtes ou les z’ôtres (190/60 cm)
Un croquis inachevé ? Oui, mais pas bâclé : un travail en cours de réalisation. C’est l’illustration de notre cohabitation. Un hôte, signifie aussi bien celui qui reçoit que celui qui est accueilli. C’est aussi en biologie, un organisme qui héberge un partenaire mutuel ou un partenaire commensal lui fournissant en général le gîte et le couvert.
Chacun se nourrit et s’enrichit mutuellement de l’autre. Certains nous considèrerons comme victimes potentielles vampirisées de nos fluides vitaux par l’autre. Alors qu’au contraire, j‘ai la conviction que c’est cette symbiose qui fait notre force et qui nous fera avancer.

Kanakement Vous, le livre d'or (2100/60 cm)
J’avais envie de pousser le concept d’hôte un peu plus loin en vous y incluant. Le rouleau sur lequel vous êtes libre d'intervenir, d’écrire et de vous exprimer.
Franck Chan San.



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