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Ma maison est un jardin! /

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Sélection du Fonds d’art contemporain kanak et océanien (Facko)

Du mardi 17 avril 2012 au dimanche 31 mars 2013

salle Beretara, village 1

Lydie Gardet, commissaire d’exposition associée
Commande d’une oeuvre auprès de Nicolas Mole et Mariana Molteni

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Les jardins, la mangrove, la mer et l’environnement urbain participent à la problématique qui est déclinée dans la salle Beretara.
La sélection des oeuvres issues de notre fonds vient honorer l’actualité événementielle du XIe Festival des arts du Pacifique « La culture en harmonie avec la nature ».

Cette exposition est aussi l’occasion d’offrir une page blanche à deux créateurs.

Nicolas Mole, dont les origines se situent entre Lifou et le monde, s’intéresse à l’image et aux formes que celle-ci nous suggère lorsque nos sens sont convoqués. Mariana Molteni, artiste plasticienne (Argentine-Italie), propose une vision subjective sur la géographie d’un lieu qu’elle s’accapare. Ses variations plastiques composent l’essentiel de son travail axé sur l’urbanisme et l’environnement. L’architecture de Renzo Piano joue par conséquent, pour cette commande, un rôle majeur, comme support de renouvellement d’expériences artistiques.

Conviés à s’approprier l’espace architectural, édifié à l’image d’un jardin de cultures, ces deux plasticiens, jardiniers des nouvelles semences, viennent enrichir le panier des oeuvres du Facko retenues pour cette exposition.

Le fonds d'Art Contemporain Kanak et océanien

expo-ma-maison-est-un-jardin-4Avec une dotation de départ d’une centaine d’oeuvres, le Fonds d’Art Contemporain Kanak et Océanien (Facko) a été créé officiellement en 1995. En mai 1998, à la date de l'inauguration du centre culturel Tjibaou, ce fonds comptait alors quelques 300 oeuvres d'artistes, pour une majorité, originaires du pays et de la région Mélanésie/Pacifique.
Aujourd’hui, avec le chiffre qui a largement franchi la barre des 1.500 oeuvres, celles-ci ont intégré une collection singulière qui est régulièrement enrichie et ouverte à d’autres médias (vidéo, projet numérique, documentaire, création in situ).

Il s’agit, en premier lieu, d’associer l’art contemporain kanak, à la création de la région Pacifique, et de démontrer sa capacité à proposer une autre alternative aux critères qui définissent l’art contemporain dans le monde occidental. La diversité des expressions, la parenté des peuples mélanésiens, la multiplicité des formes et des techniques, sont autant d’arguments qui plaident pour que l’art contemporain océanien d’aujourd’hui soit plus présent dans les circuits artistiques internationaux (dépôts ou prêts d’oeuvres auprès des musées régionaux et internationaux).

L’agence de développement de la culture kanak - centre culturel Tjibaou présente le résultat d’un commissariat d’exposition à deux têtes. Lydie Gardet, artiste plasticienne de l’intime et chercheur en histoire de l’art, s’associe à Pétélo Tuilalo, responsable du département des arts plastiques et des expositions de l’ADCK-CCT, pour la mise en oeuvre de ce projet inédit qui présente pour la première fois le travail de deux jeunes créateurs invités en résidence : Nicolas Molé et Mariana Molteni.
L’exposition convie les visiteurs à découvrir des oeuvres issues du Facko, installées aux entours du jardin vivant des deux plasticiens invités pour cette occasion. Le titre choisi pour cette exposition fait écho à la thématique « La culture en harmonie avec la nature » retenue cette année pour le XIe Festival des arts du Pacifique (Honiara 2012).
Pétélo Tuilalo

expo-ma-maison-est-un-jardin-5Au delà de cette actualité régionale extérieure au centre, le projet d’exposition « Ma maison est un jardin », est une gageure définitionnelle. L’intitulé renvoie, à l’intérieur même de l’histoire du centre culturel Tjibaou, à des problématiques premières et essentielles : celles du passage de la nature à la culture souligné en premier lieu par l’architecture du centre lui-même. Le dessein proposé par l’ensemble, maître d’ouvrage et maître d’oeuvre dans l’édification du bâtiment, est bien celui du dessin des liens entre les éléments de la nature et la culture kanak. Le bâtiment souligne formellement ces ciments et abrite chaque jour des projets (expositions, spectacles, conférences, visites, ateliers, recherches, etc) qui nourrissent cette idée à l’image des fruits et légumes qui emplissent le panier des jardiniers. Le nom même du centre - ngan jila (la maison des richesses) - renvoie à l’idée d’un jardin fécond.
L’actualité évènementielle permet ainsi au centre, pour l’année 2012, d’oeuvrer à souligner ces prérogatives. Le projet du Festival des arts du Pacifique s’installe « tout naturellement » dans les missions de l’établissement par un mécanisme d’emboîtement.

Souligner le rapport étroit qui existe entre la culture kanak, élargie à l’ensemble des cultures du Pacifique, et à l’espace naturel qui la porte, est une évidence. Toute culture du monde s’édifie à partir d’un contexte. La nature a offert les éléments matériels à partir desquels l’homme a construit, conjugué, tissé une seconde nature : celle de la culture. L’intérêt n’étant pas de noter le lien fort qui s’établit entre des hommes et leurs milieux, mais bien de constater les spécificités, à la fois de ces milieux naturels, paysagés, urbains, privés, publics et à la fois des tissages culturels que ses habitants ont construits sur ces terrains. La question est : quel rapport intime un groupe humain entretient-il avec les éléments et la nature dans un espace donné ?
Lydie Gardet

Histoire de culture

expo-ma-maison-est-un-jardin-6La culture est une façon de penser et d’être au monde. L’homme s’installe dans le mouvement des allers-retours du penser et du faire. La pensée seule ne préside pas à l’édification d’une culture. La mise en forme, l’incarnation de ces pensées culturelles sont nécessaires ; les objets d’art sont les signes manifestes de celles-ci. Et le jardin est, comme espace matériel, le premier espace d’expérimentation : il est lieu d’appropriation. La culture de la terre est le premier geste-signature de l’homme de culture que nous sommes. La culture est donc une nature investie. Elle est attachée à un contexte géomorphologique qui constitue le terreau essentiel à sa croissance, dont seules les mains jardinières des hommes connaissent le secret.

Cette exposition n’inaugure alors aucun nouveau concept, elle souligne, à l’abri des oeuvres qu’elle présente, le passage de la nature à la culture. Jardin et maison sont des images singulières tirées d’un champ lexical plus large. Ils soulignent et nourrissent chacun d’eux, des approches particulières de l’habitat et de l’espace, et tissent ensemble, dans leur combinaison et leur rapprochement, des chemins de lecture.
On peut dire que tout espace génère une abondance de niveaux de lectures.
De multiples logiques déterminent la manière d’apprécier l’espace. Les croyances, les attentes, les références culturelles, le dessin de lieux imaginaires ainsi que les visées économiques pèsent sur l’élaboration des codes esthétiques et des systèmes d’émotions qui conditionnent nos saisies paysagères. L’homme ne rencontre jamais l’espace, il lit des paysages et, dans ce chemin de signifiance, il ordonne son jardin. L’histoire du paysage implique donc une analyse de tout ce qui influe sur la façon de charger l’espace de significations, de symboles et de désirs.


expo-ma-maison-est-un-jardin-7Le paysage se lit comme un palimpseste : lieu de mémoires, carrefour, rencontres, inscriptions, mouvement cyclique des saisons, développement et dépérissement de la nature, monument vivant, il est le lieu privilégié de la rencontre entre l’homme et la nature.
Et le jardin est l’articulation consciente et conduite entre des éléments naturels : terre, eau, feu, air, un corps qui en fait l’expérience, un corps social, culturel qui en fait sa matière, son lieu d’exploration et sa surface de marquage. En son sein, il en mesure le temps et y inscrit des mythes et sa représentation du monde.

C’est le mode intérieur de sentir qui modifie le mode extérieur d’apparaître et imprime à son tour des ordres de penser le monde.
Nous avons voulu partager avec vous des échelles de paysages, évoquées chacune dans nos différents espaces d’exposition : Matières et Eléments, naissance des Totems et des Mythes, Jardins d’hier et d’aujourd’hui...
Mesurer le rapport singulier à l’espace temps et des êtres aux choses, au monde dans leur spécificité océanienne avec cette structure infinie du continuum et de la métamorphose qui, de la larme lunaire aux anguilles, des anguilles aux lézards et du lézard aux hommes font vivre notre jardin. Et enfin, replacer l’homme au coeur du jardin puisqu’il en est l’ouvrier. Vivre avec vous la beauté de ces corps paysages, parés et signifiants, jusqu’aux jardins intimes et vécus de notre espace paysagé partagé.
Les objets présentés issus du Fonds d’art contemporain kanak et océanien ont accueilli de nouvelles pousses en invitant les artistes Marianna Molteni et Nicolas Molé à jardiner, dans cette exposition, une oeuvre en mouvement au fil des saisons.
Lydie Gardet



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