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Mwà Véé n°65 /

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Un dossier sur...

  • La société et la culture wallisiennes et futuniennes
    • en Nouvelle-Calédonie
    • à Wallis-et-Futuna

Couverture réalisée par Totem infographie à partir des créations graphiques de l'agence Alinéa et de l'agence Passion Graphique














Ce nouveau numéro de la revue culturelle kanak Mwà Véé s'intéresse à la communauté wallisienne et futunienne en Nouvelle-Calédonie mais également à celle du fenua (pays) à ‘Uvea mo Futuna (Wallis-et-Futuna).

Il a été conçu en collaboration avec le Comité de recherches historiques Tāvaka autour du travail de mémoire réalisé par celui-ci et de l'exposition « Tāvaka lanu'imoana - Mémoires de voyages » qui en a découlé.

Les entretiens publiés dans ce numéro ont été réalisés en Nouvelle-Calédonie ainsi qu'à Wallis-et-Futuna, dans le cadre d'une mission de préparation du projet Tavaka, effectuée en novembre 2008, par une délégation du Comité Tavaka et de l'Agence de développement de la culture kanak-centre culturel Tjibaou.

Ce numéro s'inscrit dans le cadre de la mission « relations régionales et internationales » de l'Agence de développement de la culture kanak-centre culturel Tjibaou (ADCK-CCT), éditrice de la revue culturelle kanak Mwà Véé. Il s'intègre à ce titre à la série des numéros que la revue a déjà consacrés au Vanuatu, en 2002, puis à la Polynésie française, en 2007.


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Journée inaugurale de l'exposition. Coutume sur l'aire Mwaka au centre culturel Tjibaou.
©ADCK-CCT. Gérard del Rio

Le dossier de ce numéro s'ouvre par une présentation du projet Tāvaka englobant l'exposition « Tāvaka lanu'imoana - Mémoires de voyages », présentée au centre culturel Tjibaou (CCT), jusqu'au 1er novembre 2009, le catalogue qui l'accompagne et la complète, la coutume inaugurale qui s'est déroulée au CCT, le 25 juillet dernier ainsi qu'une journée culturelle, le 19 septembre 2009, proposant des animations artisanales et festives et une conférence-débat.


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Signature de la déclaration solennelle au centre culturel Tjibaou.
©ADCK-CCT. Gérard del Rio

Ce dossier présente également le texte de l'accord particulier de 2003, (prévu par l'Accord de Nouméa et la loi organique qui l'accompagne), entre La Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna ainsi que le texte de la déclaration solennelle signée le 25 juillet 2009, au centre culturel Tjibaou entre le Président du Sénat coutumier et les autorités coutumières de la Nouvelle-Calédonie, d'une part, et les représentants des rois d'‘Uvea (Wallis) et d'Alo et de Sigave (Royaumes de Futuna), d'autre part.

Extraits de l'éditorial

« La première partie de ce dossier concerne la communauté wallisienne et futunienne en Nouvelle-Calédonie, tandis que la suite du dossier s'attache à développer des aspects de la société et de la culture à Wallis et à Futuna à partir d'entretiens réalisés sur place lors d'une mission conjointe du Comité de recherches historiques Tāvaka et de l'ADCK-CCT, en novembre 2008.

L'ensemble constitue une approche, par certains égards, inédite, d'une composante importante de la communauté calédonienne et de ses racines océaniennes qui l'unissent à celle-ci et tout particulièrement au peuple kanak. »

Mwà Véé (Gérard del Rio)

Extraits des articles et entretiens


Tāvaka, un passé commun pour un destin commun

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« Dans un pays qui se construit comme la Nouvelle-Calédonie, où la notion de « destin commun » est devenue la référence et l'objectif de tous les acteurs sociaux et politiques métropolitains ou locaux, il nous a semblé opportun d'expliquer comment et pourquoi, au travers de l'histoire, les habitants originaires du plus petit territoire français du Pacifique, Wallis-et-Futuna, se retrouvent aujourd'hui plus nombreux en Nouvelle-Calédonie que sur leurs îles, et constituent une communauté à part entière de ce "destin commun" »

(Extraits du texte d'introduction à l'ouvrage Tāvaka lanu'imoana - Mémoires de voyages.)
Malia-Sosefo Drouet-Manufekaï, Vélonika Tahimili, Malia-Soane Kafotamaki du Comité de recherches historiques Tāvaka (Grande Terre. Nouvelle-Calédonie)

 


Tāvaka, un voyage dans une histoire commune


« Le voyage Tāvaka que nous proposent les trois mamans, Malia-Sosefo Drouet-Manufekaï, Vélonika Tahimili, Malia-Soane Kafotamaki, est un voyage dans l'histoire des migrations anciennes entre Wallis, Futuna et la Nouvelle-Calédonie (...) La place de l'ADCK-centre culturel Tjibaou dans le projet répond en partie à ce souhait, dans la mesure où, en tant qu'établissement public, un de ses objectifs majeurs est de promouvoir le dialogue entre les cultures et une meilleure connaissance des communautés vivant en pays kanak. Plus que jamais, dans la perspective de construire l'identité du pays, il convient d'encourager ce type d'initiative. »

(Extraits de la préface de l'ouvrage Tāvaka lanu'imoana - Mémoires de voyages)Marie-Claude Tjibaou, présidente de l'ADCK-centre culturel Tjibaou


Un voyage à partager


 « Cette rencontre avec Tāvaka, est une manière de construire cette citoyenneté commune dont on parle et qui ne peut prendre vie uniquement par des décrets ou des textes écrits mais qui doit aussi être ancrée sur des aspects concrets. À cet égard, la communauté wallisienne et futunienne représente un de ces aspects. Nous entretenons avec elle des relations très anciennes, pluriséculaires, en premier lieu à travers celles qui existent entre ‘Uvea lalo (Ouvéa, aux îles Loyauté) et ‘Uvea (Wallis).
Le centre culturel Tjibaou joue là son rôle d'outil de citoyenneté. »

Emmanuel Kasarhérou, directeur de l'ADCK-Centre culturel Tjibaou



« Au-delà de nos différences ou, plutôt, de l'histoire coloniale qui a effacé de nos mémoires les chemins coutumiers océaniques qui nous permettaient de nous rencontrer et d'échanger nos biens et nos techniques, il faut travailler sur des éléments qui nous rassemblent. De tout temps, les communautés du « peuple du Grand Océan » ont rencontré celles du « peuple de la Terre ». Leur survie respective a toujours dépendu de ces échanges. Ce qui nous réunit tous, qu'on soit ‘Uvéen, Futunien, Kanak, Vanuatuan, Tongan, Samoan, Salomonais, Papoua, Marquisien, Tahitien, Maori..., c'est l'océan. L'océan est notre légitimité et c'est sur ce concept qu'il nous faut, à mon sens, nous retrouver et travailler.
Vaimu'a Muliava, président d'honneur du Comité Tāvaka (Grande Terre. Nouvelle-Calédonie)  


photo_adck_6.jpgBureau de l'état civil particulier au sein de la délégation du territoire des îles Wallis et Futuna en Nouvelle-Calédonie.

©ADCK-CCT. Gérard del Rio














« Ce service, que l'on nomme aujourd'hui « délégation », a été créé par la Nouvelle-Calédonie en 1958, à l'époque du protectorat français sur Wallis-et-Futuna. Sa mise en place correspond à l'arrivée des travailleurs wallisiens et futuniens sous contrat en Nouvelle-Calédonie, après la Seconde Guerre mondiale.

À l'époque, on faisait en effet venir des gens de Wallis et de Futuna pour remplacer les travailleurs tonkinois sous contrat et, dans une moindre mesure, antillais, qui travaillaient dans les mines, l'agriculture, le bâtiment... »
Savelio Felomaki, délégué de Wallis-et-Futuna en Nouvelle-Calédonie (Grande Terre. Nouvelle-Calédonie)




« Pour moi, débarquer au port de Nouméa, découvrir les marchands ambulants chinois, boire de la limonade, manger du chewing-gum, c'était l'Amérique. Surtout après cinq jours d'un voyage éprouvant sur le « Néo » (Le Néo-Calédonien), à fond de soute, dans des conditions d'hygiène limites. Ici, c'était un autre monde pour nous. »
« Il faut remettre les choses à l'endroit sur le plan coutumier. C'est à nous, en tant qu'accueillis, de faire ce travail. La démarche de Tāvaka s'inscrit bien dans ce sens, celui de se réapproprier des valeurs océaniennes communes et de les partager. »
Aloisio Sako, responsable coutumier, militant politique (Grande Terre. Nouvelle-Calédonie)



 

« J'ai grandi entre Wallis, dont est originaire mon père, et Futuna, dont est originaire ma mère. J'ai baigné depuis mon plus jeune âge dans la coutume, avant de venir, en 1960, rejoindre mon père qui était déjà installé depuis 1956 en Nouvelle-Calédonie avec ma mère et mes deux sœurs. Mon père travaillait à la mine dans le Nord. »
« Je pense aussi que c'est en travaillant avec les Mélanésiens, en tant qu'Océaniens, que l'on peut concourir à la solidarité entre nos communautés. À cet égard, le Comité Tāvaka a ouvert la voie en choisissant de travailler en partenariat avec le centre Tjibaou qui m'apparaît comme un lieu idéal d'échange de la parole. »
Alenato Pa'agulua, responsable coutumier(Grande Terre. Nouvelle-Calédonie)


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Lors de la visite des coutumiers d'‘Uvea mo Futuna à Takedji (Ouvéa),  en avril 2009.

©Comité Tavaka-Pierre-Alain Pantz






 
« La démarche de Tāvaka va dans le sens des Wallisiens et Futuniens en Nouvelle-Calédonie. Ce travail est important vis-à-vis de la jeunesse qui se cherche et qui part un peu dans tous les sens en ce moment. Qui a besoin de se recentrer sur ses traditions, sa coutume. Quand ces jeunes vont découvrir le travail fait par Tāvaka, peut-être qu'ils vont se demander pourquoi cela se déroule au centre culturel Tjibaou, chez les Kanak, sans savoir que nous avons entre nous des liens ancestraux. Et ils vont peut-être en prendre conscience à cette occasion. Cela va dans le sens d'une meilleure compréhension entre les communautés. »
Daniel Nekelo, grand chef de Takedji (Ouvéa, îles Loyautés. Nouvelle-Calédonie)




« Je suis profondément convaincu que sans ces relations culturelles, de coutume à coutume, on n'arriverait pas à avoir des rapports apaisés entre le peuple kanak et le peuple wallisien, surtout pour ceux d'entre nous qui vivent en Nouvelle-Calédonie. »
Mikaele Tauhavili, Kulitea de la grande chefferie 'Uvea (Wallis)



« [Le] Wallisien et [Le] Futunien sont des gens qui ont toujours beaucoup voyagé, dont les ancêtres sont des voyageurs et qui aujourd'hui encore portent cela en eux, cet appel du large et ce désir de partir. Même s'il existait davantage de structures et d'équipements ici, étant donné l'exiguïté du milieu, je pense que cette envie de bouger serait la plus forte. Il faut malgré tout essayer de retenir des jeunes ici ou faciliter leur retour s'ils en ont envie, en mettant en place des moyens incitatifs. Mais notre marge de manœuvre est très limitée en matière de ressources locales et de moyens financiers. »
Robert Laufoaulu, sénateur de Wallis



 

« Nous avons commencé dans les villages du nord de Wallis une série d'enquêtes auprès des gens pour savoir ce qu'ils retiennent de leur histoire, ce qu'ils connaissent de leur propre famille, de la maison qu'ils occupent. Les anciens savent encore cela et si, par exemple, il s'agit d'une maison-mère du clan, l'histoire est d'autant plus vaste à raconter et à collecter. »
« On sent que pour les jeunes générations de Wallisiens et de Futuniens nés en Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna n'est plus vraiment leur pays. On les sent intégrés dans la société calédonienne. Ce qui n'était pas du tout évident pour les jeunes de ma génération et surtout de celle qui a suivi directement. »
Bernadette Papilio, directrice du service de la culture d''Uvea (Wallis)



« La parole chantée existe toujours, tout comme les discours, mais ils n'ont plus la place qu'ils occupaient. Avant, ces formes culturelles étaient mises en avant lors de grandes cérémonies qui rassemblaient une ou deux fois l'an toute l'île. La parole chantée était ainsi transmise de génération en génération. Aujourd'hui, il y a tant de paroles qui circulent en dehors de ces grands temps qu'il n'y a plus véritablement de parole qui compte, que l'on cueille et que l'on fait sienne. La parole se diffuse, se divulgue, mais elle perd de sa force. Il faut retrouver le sens de la parole. »
Virginie Tafilagi, enseignante, poétesse (Wallis)



 

« En fait, nous, Wallisiens et Futuniens, étions confrontés au même problème que les Kanak dans les tribus, celui de fixer les jeunes en leur offrant des perspectives sur place. On en parlait avec Jean-Marie (Tjibaou) qui cherchait de son côté à développer l'éducation de base dans les tribus sur le plan de l'hygiène, de la santé, du travail artisanal, des cultures vivrières... »
Soane Patita Lakina, sculpteur (Wallis)



... De ses mains, outillées de gouges et de ciseaux à bois, sortent des formes variées inspirées de végétaux et d'animaux que l'on rencontre à l'état naturel sur son île natale ou dans la mer, des feuilles de taro, des bananes, des cocos, des tortues, des kalea (sortes de coquillages) ; et, dans un registre religieux cette fois, des bénitiers, des tabernacles, des figurations de saints et de saintes.
Rencontre avec Savelio Suve, sculpteur et musicien (Wallis)


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Kava royal au royaume d'Alo (Futuna)

©ADCK-CCT. Gérard del Rio



« Notre culture revêt un caractère symbolique très important pour nous. Elle est basée sur le respect. Toutes les instructions viennent du roi et des cinq chefs traditionnels. La communication avec la population passe par les petits chefs.

L'administration respecte notre vie coutumière, et tout ce qui est loi coutumière » futunienne est toujours en concordance avec la loi administrative. »
Alefeleto Ikasa, coutumier de Futuna.



 

« Pour contribuer à sensibiliser les jeunes à leur culture qu'en 2007 j'ai organisé au sein de mon collège une journée consacrée à la danse traditionnelle et au kava. Puis, en août 2008, j'ai emmené les élèves de troisième de l'établissement aux Samoa. L'objectif était de leur faire découvrir les liens qui existent entre le système des Samoa et la royauté à Futuna, et les liens qui unissent la langue samoane et la langue futunienne. »
Atonio Takasi, professeur de langue (Futuna)



... De ses mains sortent des objets destinés aux visiteurs de passage, tels que des ike (battoirs à tapa), des famalomu (casse-tête), des kaila (sortes de flèches utilisées pour la danse kaila) et des tao (lances pour le tapaki (danse)). Mais également, à la demande des gens de son village et des villages alentour, des objets usuels, des tanua (grands récipients à kava), des fatukika (récipients et pilons destinés au broyage des racines de kava), des kumete (petites pirogues utilisées pour la pêche). Il réalise aussi à l'occasion des sculptures pour les églises et les chapelles de l'île.
Il travaille essentiellement le tilo, essence de la famille du tamanou, qu'il se procure dans la forêt qui domine le village.
Rencontre avec Falakiko Maituku, sculpteur (Futuna)



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