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Mwà véé n°61 /

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A lire dans le nouveau numéro de Mwà Véé

Ce nouveau numéro de Mwà Véé met en scène deux domaines très différents, le football d’une part, la relation entre le théâtre et la sculpture à Ambrym (Vanuatu) d’autre part.

Dossier 1 : sport et société

La première partie porte sur la place prise par les Kanak dans le football calédonien puis dans le football français et étranger. Elle montre comment, après des débuts timides, les Kanak vont s’approprier cette discipline et faire du football leur sport d’excellence. Elle montre aussi de quelle manière le football devient pour les meilleurs éléments l’occasion, en tant que Kanak, de représenter la Nouvelle-Calédonie au sein de grands clubs de la région Pacifique, notamment à Tahiti et en Australie, de métropole, de Corse et d’Europe. Et comment certains d’entre eux ont porté cette voix jusqu’en équipe de France et, pour l’un d’eux, jusqu’en finale victorieuse de la Coupe du monde de football, en 1998. On voit, au fil de l’histoire du football calédonien, combien celui-ci épouse, et parfois précède, le changement de mentalité vis-à-vis des Kanak, ignorés ou minorés au tout début, puis, devant l’évidence de leur prédisposition pour ce sport, recrutés en nombre au point de constituer aujourd’hui la quasi-majorité des effectifs licenciés, et la totalité des sélections calédoniennes engagées en compétitions régionales nationales et internationales. Ce numéro revient sur l’histoire du football calédonien, sur les premiers joueurs kanak en métropole et en Corse, sur les premiers clubs de football kanak, sur la participation des joueurs noirs ou catalogués comme tels, dont deux Kanak, Jacques Zimako et Christian Karembeu à l’équipe de France à partir de 1931. La parole est donnée à certains de ces joueurs qui ont évolué loin de la Nouvelle-Calédonie ainsi qu’à des personnalités qui se sont investies ou s’investissent actuellement au sein de la Ligue puis de la Fédération calédonienne de football.

Dossier 2 : théâtre, sculpture et société traditionnelle

La seconde partie de ce numéro aborde un tout autre sujet, celui de la relation entre la sculpture de l’artiste vanuatais Johanin Bangdor et le geste théâtral dans l’univers d’Ambrym, au Vanuatu. Ce thème est traité par un universitaire français, spécialiste du théâtre, qui a enseigné durant six années au Vanuatu où il s’est passionné pour certaines formes d’expression culturelle. Il fait référence à une importante cérémonie traditionnelle de l’île d’Ambrym et au travail d’un sculpteur de cette île dont le centre culturel Tjibaou a présenté une exposition jusqu’en juin 2008.

Extraits
Trajectoires kanak
Le pasteur Wabealo fondateur de la JS Baco (photo extraite de la plaquette du cinquantenaire de la JS Baco « Le football est sans doute le domaine dans lequel les Kanak se sont, à partir des années soixante, le plus illustrés au plan national et au plan international, tout en se distinguant au niveau régional également dans cette discipline et dans d’autres, à l’occasion des Jeux du Pacifique.
Leur présence dans ce sport s’est pourtant affirmée tardivement si l’on se réfère à la composition des premiers clubs de football calédoniens. Les photographies d’époque des tout premiers clubs en attestent. Les Kanak sont absents. Progressivement, ils font leur apparition, d’abord timidement, à raison d’un ou deux joueurs par équipe, puis plus nettement, jusqu’à composer la quasi-totalité d’une formation.
Cette émancipation « footballistique » se précise avec la création des premiers clubs en milieu kanak. C’est la tribu de Baco qui ouvre la voie dès 1957 grâce à la clairvoyance et à la ténacité du pasteur Auguste Wabealo qui convainc les clans de la tribu de constituer un club sportif, la Jeunesse sportive de Baco. L’année suivante, encouragée par un gendarme en poste à l’île des Pins, Robert Citron, et son ami Joseph Tikouré, l’AS Kunié se lance à son tour dans l’aventure.

Cinquante ans plus tard, les Kanak sont devenus largement majoritaires dans ce sport européen popularisé au début du XXe siècle par les militaires (…)
Dès la fin des années soixante, des joueurs kanak sont recrutés par des clubs français, métropolitains et corses, mais aussi australiens. La plupart d’entre eux s’y illustrent à un haut niveau, jusqu’aux Jeux de Mexico de 1968 pour Marc-Kanyan Case et Charles Teamboueon, ou jusqu’en équipe de France pour Jacques Zimako et Christian Karembeu. Ce dernier parviendra, comme on le sait, jusqu’en finale victorieuse de la Coupe du monde en 1998 (…)
Chacun de ces joueurs représente une étonnante trajectoire de vie et un exemple (…)
On les retrouve aujourd’hui dans toutes les strates de la société calédonienne, enseignement, police, éducation sportive, à la tête d’écoles de football et de clubs.
Gérard del Rio (Mwà Véé)

« J’ai toujours été très attaché à la dimension humaine et sociale du sport et en particulier du football parce qu’il représente une passerelle sociale. J’ai toujours considéré, et c’est le sens de mon engagement sur le plan à la fois sportif et politique, que le sport est un élément fédérateur qui peut permettre de faciliter les rapports entre les gens. »
Guy Fouques, ancien président de la de la Ligue de football de Nouvelle-Calédonie

« Au début, les équipes de football étaient concentrées sur Nouméa et constituées d’Européens. Les Kanak se sont intégrés après la fin de la guerre. Je sais qu’à Poya, le club qui s’est créé en 1958 a intégré tout de suite des Kanak. Avant cela, les gens jouaient au foot le dimanche pour se détendre (…)
Aujourd’hui, le football est pratiqué à 90 % par les Kanak. C’est une question de moyens, on peut jouer au foot simplement avec un ballon, ce n’est pas un sport cher. Donc les petits Kanak qui n’ont pas les moyens de faire des sports plus coûteux se mettent au foot. »

Guyédre Wamedjo, président de la Ligue calédonienne de football


« Pourquoi me suis-je mis en tête de détecter et de faire recruter autant de joueurs kanak par des clubs français ? Parce que j’aime bien les Mélanésiens et qu’ils ont toutes les qualités pour pratiquer le football de haut niveau. »
José Casaroli (à l’origine du recrutement de plusieurs joueurs kanak dans des clubs corses)


« Si le football a si bien pris en milieu kanak, c’est qu’il n’y avait pas beaucoup de possibilités sportives accessibles aux jeunes comme nous. Le foot, on le pratiquait naturellement en tribu. De plus, c’est un sport collectif et qui convient donc bien à notre état d’esprit. On joue avant tout en bande de copains. »
Marc-Kanyan Case, ancien footballeur amateur et professionnel

« Charles Teamboueon (coll. C. Teamboueon)« Ce qui me pousse à m’investir encore dans le football, c’est l’envie de donner des exemples aux jeunes du pays pour qu’ils puissent s’engager davantage dans des postes à responsabilité dans le football et au-delà. »
Charles Teamboueon, ancien footballeur amateur et professionnel

« Devenir footballeur professionnel, jouer en France, c’était un rêve de gosse et je l’ai réalisé. Mais c’était dur de vivre loin du pays, de la famille, des amis, de s’adapter au climat, au club. À l’époque, on démarrait comme amateur. On ne partait pas vraiment pour l’argent. »
Pierre Ausu, ancien footballeur amateur et professionnel

« C’est vrai que nous incarnons un rêve par rapport aux jeunes, mais plutôt que de parler d’un exemple, je préfère parler d’un message d’espoir que des garçons comme Christian (Karembeu) ou moi-même pouvons leur apporter pour dire que si nous, Kanak, nous sommes un petit nombre sur une île au bout du monde, on est aussi capables de faire des choses bien. »
Antoine Kombouaré, ancien footballeur amateur et professionnel, actuellement entraîneur du FC Valenciennes

« J’ai été heureux de voir que cette rencontre au stade Numa-Daly réunissait des amateurs de football de toutes ethnies et origines, comme si tout un peuple se reconnaissait derrière les deux enfants du pays qui étaient de retour, Christian Karembeu et Antoine Kombouaré. On était en quelque sorte dans l’esprit du destin commun. »
Claude Fournier, actuel président de la Fédération calédonienne de football, à propos du jubilé Karembeu en juin 2008 à Nouméa

Dossier 2 : approche du geste théâtral dans l’univers d’Ambrym (Vanuatu) et sa relation à la sculpture de Johanin Bangdor

Mwà Véé publie dans ce numéro 61 le texte de la conférence que François Wittersheim a donnée le jour de l’ouverture de l’exposition de Johanin Bangdor au centre culturel Tjibaou.

Johanin Bangdor, L’homme qui fait revivre les légendes par le bois

Johanin Bangdor, sculpteur du Vanuatu, a séjourné en résidence d’artiste au centre culturel Tjibaou du 11 février au 1er mars 2008. Son exposition, réunissant ses œuvres ainsi que des photographies, s’est ouverte le 1er mars. Elle a été présentée jusqu’au 30 juin 2008 au centre culturel Tjibaou avant d’être présentée en juillet 2008 à La Foa.

François Wittersheim : la passion de l’enseignement et du théâtre

François Wittersheim est né le 27 novembre 1963 à Strasbourg (Bas-Rhin). Son cursus universitaire permet de mieux comprendre la relation qu’il a perçue et établie entre l’expression d’un artiste capable de « mettre en scène » par la sculpture une cérémonie coutumière, d’Ambrym, au Vanutatu, avec ses codes, et l’expression théâtrale.


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