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Mwà véé n°57 /

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Illustration de couverture extraite de l’album Meunier (Coll. Meunier-Setre. Archives de la Nouvelle-Calédonie)

Au sommaire du nouveau Mwà Véé
Mwà Véé 57
Le dossier : Les Kanak à l'heure de la « nouvelle-Politique indigène »


On découvre dans ce nouveau numéro de Mwà Véé un dossier consacré à la situation des Kanak durant l'entre-deux-guerres et les changements intervenus sous l'effet de la mise en oeuvre d'une « nouvelle politique indigène » dans les années 30. La parole est donnée à une historienne calédonienne, spécialiste de cette période ainsi qu'à des témoins directs de cette époque. Des documents, dont certains inédits, des biographies et une bibliographie complètent ce dossier étayé par près de 90 photographies reproduites à partir de l'album photo du capitaine Meunier, principal artisan de la « nouvelle politique indigène ».

Ce numéro comporte trois autres rubriques :
  • « Les cahiers du patrimoine oral kanak » avec un texte en langue ‘ôrôê collecté auprès de Jean Téyé, de la tribu de Bouirou (Bourail), par Raymond Aï du département développement culturel, patrimoine et recherche de l'ADCK-CCT
  • « Figures kanak », avec une présentation, d'après Patrick O'Reilly, d'Adrien Millet, natif de Canala et qui est resté toute sa vie proche de ses racines maternelles kanak tout en se passionnant pour l'ethnologie et la photographie
  • « Paroles à lire » avec cinq ouvrages en lien avec la société et la culture kanak à découvrir.

Extraits de l'éditorial

« Ce numéro, le cinquante-septième de la série Mwà Véé, s'articule autour d'une collection photographique. Ces photos proviennent de l'album du capitaine de gendarmerie Gustave Meunier qui a été en poste en Nouvelle-Calédonie de 1931 à 1934. Elles apportent un précieux éclairage sur une période charnière pour la Nouvelle-Calédonie et, de fait, pour la société kanak : celle de l'entre-deux-guerres, et plus particulièrement celle des années trente. Ces photos restituent des ambiances et des tranches de vie, en brousse, dans les tribus, elles font resurgir des personnalités du monde kanak et du milieu colonial. Elles éclairent, au-delà, sur une période très particulière marquée par la mise en oeuvre d'une « nouvelle politique indigène ».

Mwà Véé (GdR)

Extraits du dossier

Les différents chapitres

Les Kanak durant l'entre-deux-guerres

« Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la situation des « petits Broussards » et des Kanak, qui n'était déjà pas enviable, va empirer. La misère est réelle, amplifiée dans les régions qui ont été concernées par la révolte kanak de 1917 (...) La situation va évoluer concrètement, à partir de 1925, avec l'arrivée du gouverneur Guyon, mais surtout, concernant les Kanak, à partir de 1931, avec l'arrivée du capitaine de gendarmerie Gustave Meunier qui va littéralement dynamiser la « nouvelle politique indigène »...) Il était temps du reste. La société kanak, déjà déstructurée par la dépossession foncière, la négation de ses structures sociales, politiques et spirituelles traditionnelles, les effets du régime de l'indigénat, avec l'application d'un impôt dit de capitation, puis des prestations dues aux colons, le cantonnement en réserves, est, de plus, affaiblie par sa chute démographique (environ 25 000 personnes, soit deux fois moins qu'avant 1860), par son manque de ressources et par ses conditions de vie qui favorisent des maladies telles que la tuberculose et la lèpre. »
GdR

De la politique indigène à la « nouvelle politique indigène »

Amorcée par le gouverneur Guyon, cette « nouvelle politique indigène » prend réellement tout son sens avec l'arrivée du capitaine de gendarmerie Gustave Meunier, en mars 1931. Quelques mois seulement après sa prise de fonctions, il engage par exemple (octobre 1931) l'étude de la mise en valeur des terres des réserves. Il va notamment relancer la culture du coprah et du café en milieu kanak. Cette dernière va constituer, par les ressources monétaires qu'elle procure, une véritable révolution sociologique pour les Kanak qui accèdent pour la première fois à l'économie marchande. (...)
GdR

Gustave Meunier, l'homme du déclic

Gustave Meunier, le franc-maçon, est avant tout un progressiste, à l'image de Maurice Leenhardt, le protestant, ou du père Luneau, le catholique. Certes, ils exercent des ministères ou des missions d'ordre différent, à des époques, elles aussi, différentes, mais tous trois sont animés par le même sens de la justice, de l'équité et de l'égalité entre tous les hommes. Tous trois vont, à leur manière, prendre la politique coloniale à contre-courant en favorisant l'émancipation des Kanak. Gustave Meunier intervient pour sa part lors d'une période charnière, celle de l'entre-deux-guerres. Il arrive en Nouvelle-Calédonie en mars 1931. Il en repartira en septembre 1934. En gros, trois années durant lesquelles il va mettre toute son énergie à concrétiser une « nouvelle politique indigène » qui, avant lui, n'a existé, pour l'essentiel, que dans les textes. (...)
GdR

La place du café dans la « nouvelle politique indigène »

Dès 1932, le capitaine Meunier met en application des mesures pour intensifier la mise en culture du café (...) Rien n'est laissé au hasard pour optimiser la caféiculture. Les résultats ne se font pas attendre (...) La part de la production mélanésienne est à un moment donné prépondérante (...) la caféiculture a marqué, de l'avis même de tous ceux qui ont étudié son impact sur la société kanak, un véritable tournant sociologique et économique pour celle-ci en la dotant d'une ressource monétaire et donc d'un pouvoir d'achat, contribuant de ce fait à son entrée dans l'économie marchande.
Dans un tout autre domaine, le café, à son heure de gloire, a revêtu aux yeux des vieux une valeur symbolique « noble »...
GdR

Les entretiens

Sylvette Boyer, historienne

Les recherches et travaux de l'historienne calédonienne Sylvette Boyer ont beaucoup contribué à faire mieux connaître la période qui nous intéresse ici. Elle est en particulier l'auteur du chapitre intitulé « La Nouvelle-Calédonie durant l'entre-deux-guerres » de l'ouvrage collectif Histoire. Cycle 3, Nouvelle-Calédonie, publié par le Centre de documentation pédagogique de Nouvelle-Calédonie (voir présentation en rubrique « Paroles à lire » dans ce même numéro).
Sylvette Boyer revient ici sur le contexte dans lequel se met en place la « nouvelle politique indigène » sous l'impulsion d'un capitaine de gendarmerie, Gustave Meunier, dont elle éclaire au passage la personnalité.
Une place importante est également accordée dans ce même ouvrage aux « Kanak face à la colonisation », par l'historien Jerry Delathière. Ce chapitre est découpé en trois parties. La première aborde le cantonnement et ses conséquences (notamment les conflits qu'entraînent la possession de la terre et la création des réserves). La deuxième partie traite de l'indigénat et de ses conséquences (notamment le contrôle des Kanak par l'administration coloniale, les principales dispositions de l'indigénat), tandis que la troisième partie s'applique à exposer les transformations de la société kanak. Plusieurs passages concernent également ce dossier et évoquent l'action du capitaine Meunier.


Mgr Michel Kohu, de Canala (ADCK-GdR)

Monseigneur Michel Kohu, de Canala

Monseigneur Michel Kohu est né le 19 octobre 1920 à Nakéty. Il en est parti à l'âge de dix ans pour étudier et n'est revenu à Canala que plusieurs années plus tard. Il a été ordonné prêtre le 29 septembre 1946. Avant de prendre sa retraite, il était vicaire général. Il a été remplacé à ce poste par le père Rock Apikaoua. Il s'occupe depuis de la paroisse Saint-Michel de Montravel (quartier nord de Nouméa) où il dit régulièrement la messe. Il vit désormais à l'archevêché de Nouméa, où nous l'avons rencontré.
Le père Kohu a côtoyé certaines des figures qui ont joué un rôle dans la reconnaissance des Kanak durant l'entre-deux guerres, en particulier durant la période dite de la « nouvelle politique indigène ». Il se souvient notamment du père François Luneau, d'Adrien Millet et, bien sûr, du capitaine Gustave Meunier. Son témoignage, parfois très détaillé, sur la vie à cette époque prend, pour la génération actuelle, valeur de documentaire. Tout comme celui de Delin Wêmâ, de Houaïlou, que nous publions plus loin.

Delin Wêmâ, de Houaïlou (ADCK-GdR)

Delin Wêmâ, de Houaïlou

Delin Wêmâ est l'arrière-petit-fils coutumier du grand chef Paul Jemâo Wêmâ - qu'il appelle son « grand frère » [NDLR : paani en langue ajie signifiant à la fois « grand frère et « arrière-grand-père »]. Il nous a reçus chez lui, à Tindu. Il vit à Nouméa avec sa famille depuis 1984, tout en gardant un pied à Houaïlou, dont il est originaire et où il a longtemps travaillé.

Il a débuté sa scolarité à l'âge de sept ans à l'école publique de Coula, créée par son arrière-grand-père. Puis, bénéficiant d'une bourse, il a été admis directement en tant qu'interne à l'école communale de Houaïlou. Il est ensuite entré à Do Névâ, puis à Nédivin. À l'âge de dix-huit ans, il a été pressenti pour être répétiteur à l'INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), à Paris, à l'époque du pasteur Raymond Leenhardt (fils du pasteur et ethnologue Maurice Leenhardt). Il y a enseigné de février 1961 à mars 1963, tout en suivant des cours qui lui permirent d'obtenir le certificat de fin d'études normales (CFEN) et de présenter l'oral du certificat d'aptitude professionnel de l'enseignement.


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