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Mwà véé n°56 /

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Mwà Véé 56


Le dossier : Le Pays Béléma, une histoire pleine d’avenir

Ce nouveau dossier de Mwà Véé est entièrement consacré à l’archipel des îles Bélep, un archipel relativement méconnu de nos contemporains, perçu comme lointain, inaccessible… La revue s’est intéressée à l’histoire, au passé, aussi bien qu’au présent et à l’avenir de Bélep. Une histoire riche, complexe, douloureuse parfois ; un présent qui reste difficile en raison de l’isolement, de l’enclavement de la population et des problèmes humains qui en découlent ; un avenir en forme d’espoir, celui du développement économique et social, celui d’un retour des clans sur leurs terres d’origine, celui enfin d’une image en positif et non plus en négatif. Ce dossier est nourri d’entretiens avec les responsables coutumiers, municipaux, associatifs de bélep Il comporte un important volet consacré aux épisodes marquants de l’histoire du pays Béléma depuis le milieu du XVIe siècle : l’arrivée de la religion, l’exil à Balade, l’implantation d’une léproserie, la naissance d’une disapora béléma sur la Grande Terre… Il propose à cet égard des repères chronologiques, des portraits de grands chefs et de personnages qui ont contribué à mieux faire connaître la société béléma ancienne, comme le père Lambert ou le père M.-J. Dubois. Il procure aussi, à travers son encart central en couleurs, une vision inattendue du Pays Béléma Mwà Véé


Extraits...

... de l'éditorial

Le Pays Béléma relève le défi de l’avenir

«  Ce qui frappe, avant même de poser le pied à Bélep, c’est la profondeur de son histoire connue. Celle qu’ont patiemment recueillie les premiers missionnaires maristes, en particulier le père Lambert, et qu’ont ensuite analysée et restituée plus précisément leurs successeurs, au premier rang desquels le père Marie-Joseph Dubois. Grâce à leurs écrits, on remonte le fil de l’histoire de Bélep jusqu’en 1510. À partir de là, cette histoire se déroule sans discontinuer jusqu’à nos jours dans toute sa dimension humaine, à la fois coutumière, culturelle et sociale (…) Une histoire qui n’a pas dit son dernier mot et qui relève la tête en même temps que les défis. Qui se projette vers un avenir plus viable et plus serein.»

Mwà Véé (GdR)

... des entretiens

1892, la léproserie

« En 1892, la décision est prise de créer une léproserie centrale à Ouala (Waala)… Mais pour installer les malades à Belep, il est indispensable de vider l’île de sa population autochtone : les Belepiens (Béléma) sont exilés dans la région de Balade, au nord-est de la Grande Terre. (…) Isolés dans un territoire qui ne leur appartient pas, ils mènent une vie misérable (…) Population affaiblie, elle est la proie des épidémies. En 1893, une dysenterie provoque trente décès dont celui de nombreux enfants. »

Véronique Armand-Devambez

1856, L’arrivée de la religion

« Waulo Chahup (II) était toujours en guerre. Quand il est parti voir chez sa mère, qui vivait alors à Balaar, il a trouvé les missionnaires, dont le père Xavier Montrouzier. Ils lui ont proposé de les accompagner à La Conception. De là, il a voulu revenir avec eux à Bélep (…) Ils sont partis à bord d’une grande pirogue, le 4 janvier 1856. »

Philippe Téanyouen, catéchiste à Bélep

Années cinquante, le rachat de l'île Phwoc

« Accompagnés de Michaël Bouédaou qui était le délégué de l’Union des indigènes calédoniens amis de la liberté dans l’ordre, les gens du Conseil général, avec Maurice Lenormand, sont allés voir l’île et les installations du Blanc, monsieur Mary, qui était là-bas (à Pânan). Le colon a dit qu’il avait payé le bâtiment, le dock et la maison, le bateau aussi.

En 1960, tous les habitants d’ici ont commencé à travailler le coprah pour payer l’île Phwoc. »

Jean Téambouéon, ancien « gardien » de Phwoc

Le « rachat » de l’île Phwoc par les habitants de Bélep a par ailleurs donné lieu à un débat soutenu lors de la séance du Conseil général du 2 novembre 1955.

La position de la grande chefferie Bélep

« Notre souci actuel, c’est la question du foncier, par rapport à la population qui grossit régulièrement (…) Depuis l’arrivée de la religion, nous sommes tous regroupés dans la baie de Waala et nous avons de moins en moins de terres cultivables à nous partager. Avant, les gens d’ici vivaient aussi à Pairomé et à Bwéo (…) Ce qui nous préoccupe, c’est l’avenir de nos jeunes. Ils représentent la majorité de notre population (…) On a le projet de réinstaller nos jeunes sur leurs terres respectives (...) Dans l’ensemble, les gens sont favorables à ce désenclavement de Waala. »

Grand chef Amabili Wahoulo avec le président et le secrétaire du conseil des anciens

La municipalité

« Ma priorité, depuis le début de mon mandat actuel, a été le désenclavement de l’île. J’y ai travaillé en étroite relation avec les coutumiers de Bélep, parce que cette question recoupe des enjeux économiques, mais également coutumiers et sociaux. Le désenclavement, c’est permettre aux gens de retourner chez eux, sur leurs terres ancestrales, après la forme de colonisation que Bélep a subie. »

Jean-Baptiste Moilou, maire de Bélep
« Aujourd’hui, les gens de Bélep ne montrent plus d’agressivité par rapport à l’école. Ils ont compris qu’elle est un facteur de réussite dans la société (…) Le problème (de l’échec scolaire) se pose dès l’entrée en sixième. Les élèves de Bélep représentent l’essentiel de l’effectif du collège de Poum (…) Tous ces élèves sont encore jeunes pour être séparés de leurs familles et vivre la plupart du temps en internat. Ils en souffrent et cela accentue le risque d’échec scolaire (…) Je reste confiante malgré tout. Lorsque je parle de nos anciens élèves de primaire avec des collègues des autres collèges et lycées, je vois qu’ils ont des bons résultats, qu’ils obtiennent souvent le tableau d’honneur.»

Thérèse Bouédaou, directrice de l’école primaire

Santé : l'association Dja Pe Wanem

« Dernièrement nous avons organisé une journée d’information sur la maternité, la femme enceinte, l’alimentation des nourrissons. Là aussi on aborde ces sujets sans tabous. Les vieux sont ouverts sur toutes ces questions de santé. Ça ne leur pose pas de problème par rapport aux savoirs médicinaux traditionnels. Au contraire, ils nous encouragent.»

Jean-Brice Bouédaou, Margarette Thale, Natacha Bouédaou

Pêche : L’association An Va La Belep

« La pêche fait actuellement vivre une bonne trentaine de pêcheurs. C’est la principale ressource économique de l’île.»

Donald Wahoulo


Femmes dans l’économie : la Fédération communale des associations de femmes de Bélep

Nous accordons une grande importance à la formation des femmes (…) Parmi les priorités, nous avons retenu la formation à la gestion-comptabilité d’entreprise artisanale, à la couture, à la maintenance des machines à coudre, à la peinture et à la teinture sur tissu, ainsi qu’un atelier de tressage de couvertures kanak (...) Nous nous inscrivons dans le cadre du développement social en tribu (...) Nous travaillons aussi à l’insertion des jeunes diplômés.

Donatienne Daye

L’association Caave

Cette association, créée en 2004, regroupe une quarantaine de femmes actives dans différents secteurs, dont l’artisanat et l’art culinaire. Ces femmes s’impliquent plus généralement dans la vie associative et culturelle de l’île. L’association Caave a déjà ouvert une table d’hôte.

Danse et pratique sportive : l’association DÂGAC

L’association DÂGAC regroupe près d’une cinquantaine d’adhérents, attachés à la danse traditionnelle mais aussi amateurs de sport.

« C’est pour le festival « Mélanésia 2000 », en 1975, que nos grands-pères se sont remis à danser (…) C’est pour honorer la mémoire de nos vieux que nous dansons aujourd’hui. »

Robert Bouédaou

Musique

L’association Tebitaan s’est créée en 2000. Le groupe du même nom s’est constitué à partir de douze jeunes de différents clans.

«  La première fois que nous sommes allés au centre culturel Tjibaou (…) cela nous a transformés. Nous avons aussi visité le musée de Nouvelle-Calédonie. C’est là que nous avons vraiment commencé à évoluer. Nous avons pris conscience que nos grands-pères avaient bien existé. Ici, il ne reste plus rien des objets de notre culture traditionnelle, alors c’est difficile de se faire une idée. »

Franck Bouanaoué

Développement et désenclavement

Le développement de Bélep est largement conditionné par la réussite de l’opération groupée d’aménagement foncier (OGAF) et la mise en œuvre, envisageable dans le cadre du plan de développement État-communes 2006-2010, du schéma directeur d’aménagement de Bélep, dont l’un des axes majeurs consiste à favoriser le retour des clans de Bwéo et de Pairomé sur leurs terres afin de soulager Waala où se trouve confinée toute la population…

Mwà Véé

« Ces projets sont importants pour nos jeunes (…) En leur permettant de s’installer sur leurs terres, on va les encourager à se fixer, à fonder une famille. Cela va les aider à trouver le sens des responsabilités et nous, les coutumiers, on est là pour leur donner la main. »

Baie de Bwéo avec le grand chef Amabili Wahoulo

« L’idée du désenclavement était déjà évoquée du temps d’Aymard Bouanaoué (maire de Bélep de 1989 à 2002) mais la situation politique du pays n’était pas encore suffisamment stabilisée. C’est avec l’arrivée de Jean-Baptiste Moilou (actuel maire de Bélep) que ce projet a commencé à être sérieusement envisagé. C’est le conseil municipal qui a porté ce projet appuyé par le conseil des anciens. »

Baie de Pairomé avec Toussaint Téambouéon



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