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Mwà véé n°55 /

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Mwà Véé 55

Un dossier consacré à la créativité kanak, d'une génération à l'autre.

Le dossier

Un dossier consacré à la créativité kanak,
d'une génération à l'autre.

Ce dossier est nourri d'entretiens avec des créateurs du pays, écrivains, plasticiens, chorégraphes, musiciens, artistes plasticiens... Il est complété par un résumé de la toute première Journée des artistes calédoniens qui s'est déroulée fin 2006, à Nouméa, par une évocation du partenariat entre le musée d'art contemporain de Taiwan et le centre culturel Tjibaou et par une présentation des expositions en cours et à venir au centre Tjibaou. Dans ce numéro 55 on trouve aussi une présentation de livres en rapport avec la société kanak, parus dernièrement, et un entretien avec Bernard Gasser, professeur de lettres à propos d'un de ces ouvrages. Pour leur part les cahiers du patrimoine oral kanak proposent une histoire en langue Xârâcùù recueillie dans le cadre du travail de collecte du patrimoine immatériel kanak, réalisé par l'Agence de développement de la culture kanak-centre Tjibaou. La rubrique "Figures kanak" est quant à elle consacrée à Apollinaire Anova Ataba (1929-1966)« prêtre conciliateur et visionnaire »

Extraits de l'éditorial

« À travers ce dossier, Mwà Véé a cherché à évaluer dans quelle mesure et ce dans les différents domaines de la création artistique, les créateurs kanak actuels, en particulier les plus jeunes d'entre eux, sont novateurs par rapport aux générations qui les ont précédés (...) Les créateurs kanak actuels n'inventent pas un monde nouveau, qui serait radicalement différent de l'ancien, ils donnent une interprétation actualisée d'un même monde en transformation permanente, à l'image de la nature. Par là même, ils innovent effectivement et ce, sans relâche sans pour autant prétendre révolutionner l'ordre des choses. Et c'est sans doute là que se situe la grande différence entre la conception occidentale et la conception océanienne de l'art. »
Mwà Véé


Extraits des entretiens

Création littéraire

Paul Wamo « Le fait que je ne me situe pas par rapport à l'histoire fait que j'écris plus librement, sur tout. Parfois, on me reproche de ne pas être plus engagé par rapport à mon pays, à son histoire, aux luttes revendicatives. D'autres, comme mon pote Denis (Pourawa), qui, lui, a vécu les Événements, le font, moi, je suis d'une génération différente. » « Chaque intervention est pour moi une expérience qui m'enrichit sur le plan humain et dont je tire matière à l'écriture. Même si cela me prend de l'énergie, je me dis que c'est ça, la vie, le mouvement, le changement, la nouveauté. » Paul Wamo

« Écrire, c'est, d'une certaine façon, se placer dans une perspective d'émancipation de l'homme kanak, montrer qu'il peut aussi exprimer lui-même son âme à travers l'écriture. Notre écriture reste une écriture de l'oralité, en ce sens qu'elle est marquée par la tradition orale tout en répondant aux critères classiques de l'écriture telle qu'on l'entend généralement. »
Luc Camoui et Waixen Wayewol

«Ces jeunes gens et jeunes filles montrent que l'on peut aujourd'hui s'exprimer librement et sans complexe dans les langues kanak et cela nous donne une mise en jeu et une perspective nouvelles de la culture kanak, avec des structures et un espace-temps différents des normes occidentales (...) Pour moi, ce sont tous ces jeunes créateurs qui dessinent le destin commun, bien plus sûrement que le politique ou l'économique. Dominique Jouve

« L'écriture des auteurs kanak et calédoniens s'est libérée ces dernières années, après un long passage par une écriture marquée par le caractère identitaire, plus explicative. Nous sommes maintenant en présence de textes de plus en plus originaux dans leur forme et leur expression. Cela est dû au contexte qui favorise cette plus grande liberté d'expression. »
Liliane Tauru

Création musicale

Responsable du café-musiques Le Mouv'
« Nous répétons sans cesse aux musiciens locaux que ce n'est qu'en travaillant, qu'en connaissant différentes formes d'expressions musicales qu'ils progresseront et non en restant campés toujours sur le même style de musique. Les jeunes ont aussi des exemples sous les yeux, des musiciens locaux qui ont su évoluer, qui peuvent aussi bien interpréter une musique actuelle teintée de traditionnel que chanter à la façon d'un Jean-Louis Aubert ou d'un Bashung, avec des textes et des mélodies très travaillés. »
Christophe Ventoume


Création chorégraphique

« Je crois qu'il existe un effet « accords » (de Matignon, de Nouméa), lequel a permis aux créateurs de la nouvelle génération de passer un stade. On constate que l'environnement social et familial s'est ouvert. Ce qui était encore difficile pour ma génération, le restait pour la génération de Steeve, est devenu plus facile pour les nouveaux. On permet aux jeunes de s'émanciper de la tradition, sans lui tourner pour autant le dos, et d'innover librement dans le champ contemporain. Aujourd'hui, les jeunes qui pratiquent la danse de façon semi ou professionnelle dans des troupes comme la nôtre sont reconnus comme des artistes par les leurs. »
Richard Digoué

Création en arts plastiques

« Aujourd'hui, les jeunes sculptent aussi dans des matériaux synthétiques et leur langage est tout aussi authentique à partir du moment où ce qu'ils expriment et la façon dont ils l'expriment restent kanak. Il y a sûrement parmi ces jeunes des artistes de la trempe des plus grands comme Dick Bone. Ils ne sont pas encore arrivés à leur maturité artistique, mais ils en prennent le chemin et cela est encourageant pour nous et les plus anciens. »
Jean-Jacques Poiwi

« Par rapport aux jeunes, nous essayons de leur montrer l'exemple, de leur donner des repères, comme nos vieux l'ont fait avec nous. Ils sont animés par le même esprit que nous, mais ils manquent encore parfois de recul et, du coup, ils n'osent pas vraiment se lâcher. Il faut qu'ils apprennent à bouger, à se rendre compte que, dans le monde kanak, il y a des énigmes à résoudre, au sein de sa propre tribu, au Nord, au Sud, dans les Îles. Chaque fois que tu en résous une, tu avances et c'est ainsi que petit à petit tu comprends l'ordre des choses et ce que toi, tu dois faire par rapport à lui. Tu comprends aussi que ces énigmes et leurs réponses forment un tout et que c'est peut-être cela, l'art contemporain kanak, un art qui parle à tous les Kanak parce qu'inspiré par un tout, par l'ensemble du pays kanak et pas seulement par un bout de celui-ci. »
Joseph Poukiou

« La jeune génération ne tranche pas tant que cela avec les précédentes. Ceux qui nous ont précédés ont toujours été animés par la volonté d'innover. Ils l'ont fait selon les critères et avec les outils de leur époque. Le potentiel créatif a toujours existé, de même que l'envie de le partager. Pour moi, nous sommes donc dans une continuité artistique même si les formes, les outils, eux, ont changé au fil des époques. »
Yann Conny


« Les gens ne se rendent pas compte du rôle que jouent les artistes dans une culture, une société, ni du travail que représentent leurs créations. »
Stéphane Hamon


« Moi, je sculpte les choses telles que je les ressens, en référence à ma culture kanak, mais sans chercher à faire comme ceux d'avant ou comme les autres. »
Stéphane Pamoiloun

« Je ne sais pas pourquoi j'ai été attirée par la peinture. Peut-être parce que, toute jeune, j'étais déjà intéressée par les grands peintres comme Picasso. »
Ginette Iwane

« Il y a chez tous ces jeunes artistes un désir de partager. Ils cherchent la relation, ils se montrent. Ils ressentent le besoin de s'impliquer dans le développement du pays par leur apport artistique (...) Cette nouvelle génération est en confiance et elle n'hésite pas à s'aventurer sur des terrains nouveaux. »
Corinne Delaveuve



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