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Mwà véé n°54 /

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Illustration de couverture : panneau sculpté de l’île des Pins, collections du musée d’Aquitaine (© MNC-David Becker)

A lire dans le nouveau
Mwà Véé 54

Un dossier sur le patrimoine kanak dans le monde :

Les cahiers du patrimoine oral kanak n°7


LES CAHIERS DU PATRIMOINE
ORAL KANAK N° 7

Tête de monnaie kanak, collections du musée de Nouvelle-Calédonie (© MNC)

Les cahiers du patrimoine oral kanak sont une contribution du département « Développement culturel, patrimoine et recherche », de l'ADCK-centre culturel Tjibaou, à la mise en valeur du patrimoine narratif et linguistique kanak.
Dans ce numéro : « Pue Thawe-Origine de la monnaie traditionnelle », d’après un mythe en langue pijé recueilli par Françoise Ozanne-Rivierre.


Flèches faîtières exposées au musée de Nouvelle-Calédonie (© MNC-Linden)

Le dossier

Un dossier sur le patrimoine kanak dans le monde :
Avec en encart central couleurs, des cartes permettant de situer les musées qui conservent les principales collections kanak en France et dans le reste du monde.


Figures kanak

Nouvelle rubrique consacrée à des personnages du monde kanak qui, par leur personnalité et leur action, ont marqué leur époque. Le premier de ces « Portraits kanak », proposés par Manuella Wamytan, jeune enseignante kanak, licenciée en histoire, est celui du grand chef Bouarate Basset, de Hienghène, qui a vécu entre 1815 et 1873.

Illustration extraite d’un ouvrage de John Elphinstone ErskineExtraits de l'éditorial

«Parmi les problématiques abordées dans ce dossier, on retiendra encore celle-ci : comment amener les générations actuelles à mieux percevoir, au-delà de l'apparence des objets, leur dimension sociale, culturelle, spirituelle ? À percevoir les peuples qui les ont conçus non pas comme des peuples d'un temps révolu, mais comme des peuples bien vivants dont l'existence ne s’est pas arrêtée en croisant la civilisation européenne ? » Que signifient en effet ces objets dans la culture dont ils sont issus et comment les cultures qui les ont « importés » et adoptés les interprètent-elles ? Les musées de la nouvelle génération (…) tentent de réduire l'inévitable distorsion entre la vision des créateurs et celle, longtemps nourrie d'imaginaire exotique, des visiteurs occidentaux… »…
Mwà Véé

 

Extraits des entretiens

«Les critères de l’esthétique sont différents selon que l’observateur est occidental ou non occidental. Les critères occidentaux ont sans aucun doute joué un rôle majeur dans le choix des musées, constituant ainsi la grande collection des musées d’Europe et également partout dans le monde. Si le choix leur est donné d’indiquer les oeuvres qu’ils considèrent comme des chefs-d’œuvre, les peuples premiers constitueront une collection tout à fait autre que celles des musées occidentaux… »
Jean Pipite (centre culturel Tjibaou)

« De l’avis des spécialistes, le musée de Nouvelle-Calédonie possède la collection kanak la plus belle et la plus complète au plan mondial… » (Ndlr : soit environ 1600 objets sur un total de 4 500 répartis entre différentes collections océaniennes).
(…) Le musée n’a pas seulement pour fonction de conserver et de montrer, il est aussi un lieu de renaissance où l’objet chargé d’une âme et d’une histoire continue à vivre d’une autre manière, avec un autre rôle : faire le lien entre les générations et les cultures… »
Solange Néaoutyine (musée de Nouvelle-Calédonie)

Vue du musée de Nouvelle-Calédonie (© MNC-Siorat)

« En tant qu’organisme public, un musée est investi de deux grandes responsabilités : la conservation et la présentation de collections (…) La sensibilité culturelle des objets est un autre critère pris en considération (…) Beaucoup de musées ont maintenant pris conscience de ces écueils, et un changement progressif dans l’approche de la conservation et de l’exposition des objets s’est donc amorcé. Cela signifie que les objets provenant de cultures traditionnelles ne seront plus traités comme des produits de la culture européenne… »
Marianne Tissandier (musée de Nouvelle-Calédonie)

« Depuis sa création, en 1863, le musée a contribué à sauver les modèles anciens et, ainsi, à permettre aux descendants de ceux qui avaient conçu ces derniers, aux jeunes notamment, de voir ce dont ils avaient entendu parler mais qu'ils n'avaient jamais vu... »
Luc Chevalier (conservateur honoraire du musée de Nouvelle-Calédonie)

« Concernant la collection kanak, j'avais été agréablement surpris en découvrant un ensemble représentatif beaucoup plus complet que ce que l'on pouvait imaginer dans bien d'autres musées du Pacifique en rapport avec la culture de leurs pays. C'était déjà une collection de référence de grande qualité et je ne suis pas certain qu'il en existe ailleurs dans le monde d'aussi riche que celle-là... »
Patrice Godin (ancien conservateur du musée de Nouvelle-Calédonie) Luc Chevalier (© ADCK-G. del Rio)

« Les peuples autochtones manifestent un intérêt de plus en plus grand pour leur patrimoine (...) Dans bien des cas, en ce qui concerne les cultures océaniennes, certains objets sont les uniques et rares témoins de la vie des générations précédentes et les irremplaçables témoignages de leur génie artistique et intellectuel. L'histoire a amené nos musées à en être les détenteurs. Nous en sommes donc les dépositaires, nous devons, en conséquence, être capables de fournir une documentation fiable les concernant et de mettre celle-ci à la disposition des peuples intéressés (...) L'expérience a prouvé que les peuples autochtones pouvaient être eux aussi partie prenante dans l'étude de ces pièces...»
Roger Boulay (Direction des musées de France)

Case Bwénaado au centre Tjibaou (© ADCK-G. del Rio)

« Dans l'un des espaces d'exposition du centre culturel Tjibaou, l'on peut admirer des pièces anciennes, de grande valeur et de grande qualité, du patrimoine culturel kanak. Cet espace se nomme « Bwénaado », ce qui, en langue cèmuhî, signifie « le rassemblement coutumier » (...) Ces objets, dits « de musée », sont là pour montrer précisément qu'ils conservent une fonction « hors musée » et une actualité culturelle dans la société kanak d'aujourd'hui. Ils font partie de ce que l'on a appelé le « patrimoine kanak dispersé ».
Emmanuel Kasarhérou, Gérard del Rio (centre culturel Tjibaou)

« Au fur et à mesure que l'on avance, on découvre, émerveillé, des milliers d'objets présentés sur un vaste plateau de 4 500 m2, masques, haches ostensoirs, poteries, tapas, tuniques, bijoux, flèches faîtières. Ils viennent d'Afrique, d'Océanie, d'Asie et des Amériques. L'émotion est si grande qu'on en tremble. On a l'impression de traverser les océans, les époques... »
Nicole Waïa (à propos du musée du quai Branly)

Espace kanak conçu par P.-L. Faloci pour le musée de Rochefort (© m Rochefort- P.-L. Faloci)

« Si nous réussissons à apporter une nouvelle approche du monde océanien au public, à lui faire comprendre que ces cultures et en particulier la culture kanak ne sont pas mortes, mais au contraire vivantes, voire en pleine renaissance, nous aurons atteint le but désiré... »
Claude Stéfani (musée de Rochefort)

« Les nouvelles couleurs de nos avions, c'est aussi un signe pour inviter les gens d’ici à se sentir à l'aise dans leurs traditions, leurs valeurs, leur culture (...) A travers cette nouvelle image, nous nous inscrivons aussi dans la logique des signes identitaires prévue par l'Accord de Nouméa. Et nous voulons montrer également qu'il n'y a pas de contradiction entre l'enracinement et le voyage, la tradition et la technologie... »
Nidoish Naisseline (Air Calédonie)

Nidoish Naisseline (© ADCK-G. del Rio)« Le colonialisme et les idées induites par l'assimilation coloniale ont abouti à cette idée que la culture polynésienne avait été laminée et ont provoqué une sorte de « stop arrêt sur image ». On pensait « il y a le passé, c'est terminé, et maintenant, il faut passer à autre chose ». Mais non, en Polynésie, comme chez beaucoup de peuples autochtones, le passé est toujours présent.
(...) Le musée ne doit donc pas être simplement une vitrine, mais un moyen pour les gens de se réapproprier les éléments de leur culture... »
Jean-Marc Pambrun ( musée de Tahiti et des Îles)

A savoir
Exportation soumise à autorisation
L'arrêté n° 1208 du 29 juillet 1994 relatif aux produits soumis à autorisation administrative d'exportation, publié au Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie du jeudi 11 août 1994, mentionne dans son annexe, parmi les produits visés par ce texte, les
« objets d’antiquité de plus de 100 ans d’âge » dont l’exportation est soumise à l’autorisation administrative des services techniques compétents, en l’occurrence le service des Musées et du Patrimoine de la Nouvelle-Calédonie.



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