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Mwà véé n°53 /

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Mwà Véé 53

Un dossier réalisé à l’occasion des 20 ans de la musique kaneka :

Les cahiers du patrimoine oral kanak n°6


LES CAHIERS DU PATRIMOINE
ORAL KANAK N° 6

Un récit inédit en langue haaméa, parlée dans la région de Kacirikwâ (Table-Union), document recueilli par les collecteurs du département Développement culturel, recherche et patrimoine de l’ADCK-centre culturel Tjibaou.

Le dossier

Un dossier réalisé à l’occasion des 20 ans de la musique kaneka : supplément
  • des interviews de musiciens et acteurs du paysage musical kanak et calédonien
  • une présentation du prochain festival de musiques actuelles « Ngan Jila »
  • un retour en couleurs sur les rencontres musicales « Métis’sons », organisées au centre culturel Tjibaou à l’occasion des vingt ans du kaneka
  • Un encart en couleur dédié à ces rencontres

Extraits de l'éditorial

« Les premiers accents de ce courant musical avaient germé dès le début des années quatre-vingt, à l’occasion de la préparation du IVe Festival des Arts du Pacifique qui devait normalement se dérouler en 1984 à Nouméa (…)
En 1986, lors d’un séminaire sur la musique organisé à l’initiative de l’Office Culturel, Scientifique et Technique (OCST), organisme précurseur de l’actuelle Agence de Développement de la Culture Kanak (ADCK), naissait cette expression musicale nouvelle, cette « cadence née des Kanak », qui allait prendre le nom de kaneka.
D’où émergeait-elle ?… Qu’incarnait cette expression musicale nouvelle ? »…
Mwà Véé

Extraits des entretiens

«Warawi Wayenece est originaire de Maré. Il enseigne la musique au collège de Plum.
Dans un entretien réalisé dans le cadre de l’émission Ruo, produite par l’ADCK-centre Tjibaou, Warawi Wayenece évoque ses débuts musicaux, puis l’émergence d’une musique kanak contemporaine, la création d’un hymne kanak pour le Festival des Arts du Pacifique de 1984 et, enfin, la naissance du kaneka.
Cet entretien est en accès audio sur le site Internet du centre Tjibaou : www.adck.nc.

« Le kaneka n’est pas né d’une mode ou de la résurgence d’une musique ancienne, même s’il y a puisé depuis son inspiration. C'est une musique qui est née d’elle-même et qui s’est d’abord positionnée par rapport à une quête identitaire (…) qui ne doit pas s’arrêter à la nostalgie du passé mais qui doit aussi aborder des thèmes de réflexion actuels, le destin commun par exemple (…)
Gilbert Kaloonbat Téin, musicien, directeur du centre culturel de Hienghène

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« Quand le kaneka est arrivé, je me suis dit que c’était une bonne chose pour les jeunes. Ils se reconnaissaient dans cette forme de musique (…) Au fil des ans, la technique instrumentale a bien évolué et, aujourd’hui, on entend une musique de mieux en mieux travaillée. Et puis c’est une musique d’ici, qui nous parle. Il est important qu’elle soit entendue »
Jules Canehmez, leader du groupe Béthela

A propos des rencontres musicales « Métis'sons »
« Les compositions auxquelles nous avons abouti reflètent ce que l'on entend et ce qui se joue (...)c'est-à-dire une musique très ouverte. Le rock, la soul, le folk, la ballade, le jazz, la country, le reggae, le kaneka sont bien sûr présents. Les gens qui habitent ce pays ont une écoute très diversifiée. Il est donc normal que la création reflète tous ces courants musicaux. »

« Je crois que les gens sont de plus en plus demandeurs d'une musique qui a des racines. Le kaneka se caractérise par un rythme
et un son particuliers, qui viennent du dedans. »
Cherryl Peters, chanteuse

Les leaders des trois formations : Jules Canehmez, Gilbert Kallonbat téin, Jimmy Oedin« Métis'sons est une bonne formule et j'espère que les autres musiciens, en voyant des gens des trois provinces sur scène, vont s'inspirer de l'esprit qui s'est instauré à cette occasion. Qu'ils vont avoir encore davantage envie de travailler ensemble, d'échanger. »
Johanna Oedin, chanteuse

« On vient de différents milieux, de différentes ethnies, on a des styles et des niveaux différents et on apprend à travailler ensemble, sans barrières, sur le même plan. »
Evy Tauhiro, chanteuse

« Pour moi, c'est naturel d'être là, c'est une expérience nouvelle, très sympa, avec du mélange, du contact. On est à l'écoute, on s'enrichit de ce que chacun apporte et on fait ainsi évoluer chaque morceau. »
Louis Perez, guitariste

« Là, c'est plutôt la rencontre, on crée à plusieurs et c'est ce qui fait la richesse de ce que l'on produit. Et puis c'est bien que des concerts réunissent des musiciens des trois provinces. En musique il ne faut pas mettre de barrières, sinon on ne peut pas progresser. »

Jimmy Oedin, musicien« Le patrimoine traditionnel oral kanak se révèle être aujourd'hui une source incontournable de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie. La société kanak étant de tradition orale, l'ensemble des concepts qui établissent ses références actuelles est véhiculé par les divers genres de la littérature orale. En ce qui concerne le patrimoine musical traditionnel, le recensement et la valorisation des différentes pratiques musicales kanak constituent une des missions patrimoniales de l'Agence de Développement de la Culture Kanak. »

Emmanuel Tjibaou, ADCK-CC, département Développement culturel, recherche et patrimoine,

« Bien avant l'ouverture du centre Tjibaou, l'ADCK avait entrepris un travail de détection et de valorisation de la musique kanak (...) Ce travail a pris d'autres formes mais, sur le fond, l'objectif reste le même, comme en témoigne la politique suivie ces dernières années en matière de programmation et d'accueil de musiciens en résidence. »
Dominique Clément-LarosièreADCK-CCT, département Spectacles

« Le kaneka, c'était une véritable révolution pour nous. Nous nous sommes approprié cette musique, elle est devenue nôtre, on se reconnaissait en elle, elle avait un caractère identitaire très fort (...) Depuis quelques années, le kaneka a tendance à renouer avec des influences qui l'ont précédé, avec les voix et les rythmes aé aé.
Jean-Guy Pwerewpwepwe, ADCK-CCT, département Spectacles

Daniel Goïtch, guitariste« Le goût du public a évolué, ce qui explique que l'intérêt pour le kaneka des débuts a faibli au fil des ans (...) Heureusement, les choses ont évolué. Les musiciens mélanésiens sont en effet de mieux en mieux formés et l'on constate de vrais progrès dans leur façon de composer et de jouer. »
Jean-Luc Martin, Éditions Holiday music

« Le kaneka est bien une musique d'ici, qui, depuis ses débuts, a en fait beaucoup évolué, en s'ouvrant aux influences extérieures, internationales et aux autres aspects de la culture, tout en variant ses rythmes. » Alain Lecante, Mangrove productions « Après une certaine euphorie, le kaneka a connu un creux dû à son caractère répétitif ainsi qu'au manque de technique musicale, mais là encore de gros progrès ont été faits (...) On a parfois l'impression que l'on a peur des musiciens dans ce pays, qu'on les considère comme des saltimbanques, source de débordements. C'est vrai qu'en même temps, il faut éduquer le public, changer les comportements si l'on veut que la musique soit davantage présente dans notre quotidien. »
Alain Vandange, Compact Mégastore

« La création d'une classe de musique kanak traditionnelle et de chants polyphoniques océaniens, que nous avons mise en place à Koné, s'inscrit dans le cadre de l'accord particulier de l'Accord de Nouméa (...) Il est important que nous assurions ce rôle d'enseignement, de préservation et de création des musiques traditionnelles. »

Jean-Pierre Cabée, Conservatoire de Musique de Nouvelle-Calédonie

« Depuis six ans,
cette institution s'est tournée vers les musiques actuelles qui comprennent aussi bien le rap que le rock. Et, depuis six ans, elle forme des musiciens, pour la plupart kanak, mais également d'autres ethnies, dans le cadre du Certificat de Musicien Intervenant Territorial (CMIT). »
Bruno Zanchetta, Conservatoire de Musique de Nouvelle-Calédonie

« Le kaneka s'est réapproprié des instruments traditionnels tout en intégrant des instruments modernes Il s'est ouvert musicalement en même temps qu'il a continué à chercher des sources d'inspiration dans les formes musicales anciennes et le répertoire des vieux. Les musiciens kanak ont davantage échangé avec d'autres, ils ont expérimenté ensemble de nouvelles pistes. Ces débuts ont donc été difficiles, mais, à mon sens, ils constituaient un passage obligé pour aboutir un jour à une musique qui nous ressemble et nous caractérise. »
Hervé Lecren, Conservatoire de Musique de Nouvelle-Calédonie (antenne de Koné

« Moins de deux ans après sa mise en place officielle, la SACENC regroupe déjà cent vingt sociétaires de la Grande Terre et des Îles qui représentent à peu près tous les courants musicaux. Ce chiffre ne reflète toutefois pas encore la réalité du monde musical calédonien. Le potentiel est en effet évalué entre 500 et 800 sociétaires. »
Evariste Wayaridri, Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs, de Nouvelle-Calédonie (SACENC)

J'ai effectué quatre missions en Nouvelle-Calédonie représentant au total dix-huit mois d'enquêtes de type ethnographique sur ce terrain (...) Les différentes investigations menées sur ce terrain depuis six ans m'ont permis de collecter de multiples informations sur ce répertoire et les pratiques de maternage, dont cinq cents chants et jeux chantés pour enfants des trois districts de l'île.
Stéphanie Geneix-Rabault, doctorante en ethnomusicologie-musicologie



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