Joomla Slide Menu by DART Creations Accueil / Patrimoine / Mwà Véé / Archives / Mwà véé n°52

Mwà véé n°52 /

Imprimer Envoyer
Visuel  de couverture : Flèche faîtière », de Teddy Diaike (photo ADCK Marc Le Chelard)

A lire dans le nouveau
Mwà Véé 52

Un dossier sur les arts visuels en
Nouvelle-Calédonie :

Arts plastiques, arts appliqués,
beaux arts, photographie culturelle…

Ce nouveau numéro s'inscrit dans le prolongement des Rencontres « Arts visuels de Nouvelle-Calédonie identification des enjeux et des acteurs », qui se sont déroulées du 24 au 26 novembre 2005, au centre culturel Tjibaou (CCT)

Dans ce dossier qui leur est entièrement consacré, les artistes plasticiens évoquent la création artistique et son avenir en Nouvelle-Calédonie. Ils expriment au passage leurs préoccupations concernant leur statut, leur couverture sociale, la protection de leurs droits d'auteur, la formation initiale et continue, la future école d’art de Nouvelle-Calédonie, les débouchés artistiques en Nouvelle-Calédonie, le marché de l’art local, régional et international… Ils évoquent la création d’une fédération et d’une Maison des artistes plasticiens. Des responsables culturels attentifs à la situation et à l’avenir des arts visuels s’expriment également dans ce dossier qui comporte aussi les interviews de deux photographes culturels, l’un originaire de Tanna (Vanuatu), l’autre originaire de Netchaot (nord de la Grande Terre (Nouvelle-calédonie).

On trouvera encore dans ce numéro une page réservée aux ouvrages récemment acquis par la Médiathèque ainsi qu’une présentation de trois expositions actuellement proposées par le centre Tjibaou, « Sur les traces de nos ancêtres », de Teddy Diaike, « Ko Néva 2006 » et « Temps croisés », photographies de David Becker, suivie en juin d’un second volet avec des photographies de David Becker et Bosen Napu.

Arts visuels
Les thèmes et sujets abordés lors des Rencontres

« L’environnement créatif de l’artiste en arts visuels »
- État des lieux des artistes en Nouvelle-Calédonie.
- Les pratiques artistiques : amateurs, professionnels ; artisans, artistes, artisans d’art
- La formation artistique en France.
- Les lieux de création en Nouvelle-Calédonie. « La médiation culturelle en Nouvelle-Calédonie »
- L’artiste intervenant : formations des intervenants, critères d’agrément des intervenants
- Intervenants artistiques et culturels.
- Artiste, médiateur, enseignant : différence et complémentarité. « Diffusion des arts visuels en Nouvelle-Calédonie »
- Développer de nouveaux réseaux : outils et mécanismes.
- L’édition en Nouvelle-Calédonie.
- La place de l’information artistique dans les médias. « L’économie de l’art en Nouvelle-Calédonie »
- Quelle place dans le marché de l’art mondial. « Acquisitions, commandes publiques ou privées »
- Politique d’acquisition.
- Comment fixer un prix d’acquisition.
- Art et entreprise : mécénat et sponsoring. « Les institutions et soutiens à la création en Nouvelle-Calédonie » « La protection sociale » - La CAFAT, le service du RUAMM.
- L’exemple de la Maison des artistes en France. « Le cadre juridique »
- Les principes directeurs du droit d’auteur.
- La SACENC et le respect des droits d’auteur en Nouvelle-Calédonie : une reconnaissance du métier d’artiste. « Pour une fédération des artistes en arts visuels de Nouvelle-Calédonie : enjeux et perspectives »

Ces Rencontres ont été organisées par l’Agence de développement de la culture kanak-centre Tjibaou, en collaboration avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, la mission aux Affaires culturelles (MAC), la Province Sud, la Province Nord, la Province des îles Loyauté, la Ville de Nouméa.

 

Extraits de l’éditorial

« Ces Rencontres ont certainement suscité plus de questionnements qu’elles n’ont apporté de réponses immédiates. Mais la réflexion qu’elles ont engendrée a déjà fait son chemin (…) Les institutions, les décideurs jouent certes un rôle déterminant pour transformer l’inertie en dynamique, mais les artistes sont les premiers acteurs de cette alchimie. »…

 

Les artistes s’expriment (extraits)

Teddy Diaike et l’une des œuvres qu’il présente dans son exposition « Sur les  traces de nos ancêtres » au centre Tjibaou (photo  ADCK-G del Rio)

« Nous avons voulu que les artistes intéressés prennent le temps de la réflexion avant la mise en place de l’association. Nous avons aussi voulu travailler en complémentarité et non en concurrence par rapport aux associations existantes (…) Cette Maison des artistes telle que nous la concevons doit être avant tout une structure technique, un lieu ressource pour les artistes, sur le plan des questions juridiques liées aux droits d’auteur et de création, de reproduction, aux droits sociaux. »…
Aka et maéva bochin ( plasticiennes, association Maison des artistes plasticiens)

« L’urgence aujourd’hui, c’est le statut social des artistes, qu’il faut définir et appliquer (…) On ne peut pas se passer d’une école d’art en Nouvelle-Calédonie. C’est aussi un lieu qui doit permettre de fédérer toutes les questions qui se posent aux artistes et au monde artistique, mais également aux institutions face au monde de l’art. »…
René Boutin (plasticien)

« Dans le débat actuel, ce qui me semble vraiment important, c’est la reconnaissance du droit d’auteur, le respect du travail des artistes (…) Bien sûr qu’il faut des lieux de formation, une école d’art, mais sans oublier que les autodidactes doivent aussi avoir leur place et leur chance, parce qu’ils ont aussi leurs propres qualités à exprimer. »…
Teddy Diaike (plasticien)

Joseph  Poukiou et l’oeuvre qu’il présente dans l’exposition Ko  Névâ 2006 au centre Tjibaou (photo ADCK-G del Rio) « En Brousse, nous manquons de moyens et de structures pour travailler ensemble, exposer. C’est pour cela qu’avec Yann Conny et quelques autres, nous avons décidé de créer une association d’artistes (l’association Les Z’Arts) sur la région de La Foa. »…
Joseph Poukiou (plasticien, association Les Z’Arts)

« Il ne suffit pas de parler de rééquilibrage, de décentralisation, encore faut-il les mettre en pratique (…) Certains parmi nous ont fait le choix d’être artistes à temps complet, c’est leur vrai métier, leur gagne-pain aussi. D’autres le pratiquent à temps partiel et ont une activité à côté. Les situations ne sont pas les mêmes. »…
Yann Conny (plasticien, association Les Z’Arts)

« Ces jeunes ne deviendront peut-être pas tous artistes, mais ils comptent dans leurs rangs de réels talents de dessinateurs. L’expression artistique leur permet de canaliser leur énergie de façon positive, de prendre confiance en eux, de s’affirmer, de se valoriser. Cela peut aussi les aider à s’orienter vers des débouchés qui demandent des aptitudes artistiques, la publicité, la communication, l’infographie. »…
Florence Parawi (plasticienne)

« Ici, l’on manque un peu de dimension régionale (…) il faudrait néanmoins que l’on arrive un jour à mieux incarner la mosaïque des créateurs d’ici dans notre représentation extérieure. »…
Mathieu Venon (plasticien)

Le  Carrefour des arts 2006 à l’heure de la coutume (photo  ADCK-G del Rio)« Aujourd’hui, on a besoin d’espaces de formation, y compris pour ceux qui ne peuvent pas suivre des cours privés. La formation est utile pour apprendre à développer la créativité, découvrir des techniques, des œuvres, des artistes (…) Il faut aussi mettre en place des mécanismes qui permettent au public de rencontrer l’art, de s’éveiller à lui. »…
Laurence Lagabrielle (plasticienne, association Art & Action) « Former est important, mais à la condition de se soucier aussi des débouchés possibles. Les applications artistiques sont souvent méconnues ou limitées à certains domaines. On oublie que l’art peut avoir sa place dans l’artisanat, l’architecture, la décoration, le design, l’aménagement urbain. »…
Fred Fichet (plasticien, association Art & Action)

« Que veut-on au juste ? Former une élite artistique chargée de représenter la Nouvelle-Calédonie à la manière d’une vitrine ou former des jeunes en vue d’une pratique professionnelle ? Dans ce cas-là, vers quels débouchés, quels métiers ? Il y a certes des places à prendre mais aussi des créneaux à créer (…) À nous aussi de susciter l’envie, le besoin d’un environnement plus artistique dans la société contemporaine. »…
Lydie Gardet (plasticienne, association Art & Action)

« Nous concevons Kassiopée comme un outil d’expression artistique, destiné à promouvoir des actions culturelles avec une spécificité, la contribution à l’émergence de jeunes talents, sans distinction d’ethnies ou de communautés. Nous sommes une association métisse qui veut favoriser l’entraide entre les artistes d’où qu’ils viennent. »…
Jean-Marie Ganeval (plasticien, association Kasiopée)

« Un pays sans école d’art, c’est comme un pays sans hôpital (…) Pour notre part, nous préférons parler de pépinière d’artistes plutôt que d’école d’art avec un grand E et un grand A. »…
Vladimir Violette (plasticien, association Kassiopée)

Présence  artistique kanak, calédonienne et océanienne à  l’île aux Canards (photo ADCK-G del Rio)« Les artistes plasticiens ont eux aussi besoin d’une maison, comme les musiciens, les gens de théâtre, les danseurs(…) Il nous faudrait une forme de village d’artistes, avec des ateliers de travail où chacun puisse s’installer le temps de sa création, un lieu qui nous protège socialement aussi. »…
Adje (plasticien)

« Le domaine des arts visuels est le seul où, en face, il n’y ait pas d’institution locale à l’échelle du pays pour donner l’impulsion, ni de personnes ressources spécifiques au sein du gouvernement ou des provinces. À partir de là, les artistes sont effectivement isolés, pas ou peu organisés, même s’il existe maintenant plusieurs associations ou collectifs d’artistes. Ce, à la différence d’autres formes d’expression artistique (…)Il fallait donc imaginer au moins un temps pour que les artistes s’expriment et que leur parole soit entendue par les institutions. C’est ce qui a été fait lors de ces Rencontres. »…
Jean-Jacques Garnier (mission aux Affaires culturelles de Nouvelle-Calédonie)

« Les artistes sont en général très mal informés sur ce qui relève de l’environnement créatif en Nouvelle-Calédonie, dans la région et sur le plan international. La plupart du temps, ils assument, sans en avoir fait le choix, un quotidien fait de précarité, de manque de lisibilité de leur statut et de reconnaissance de leur rôle dans la société. Il faut bien admettre que les réponses que nous pouvons apporter sont souvent en décalage par rapport aux besoins exprimés. »…
Henri Gama (département des arts plastiques et des expositions. ADCK-centre Tjibaou)

« Nous ne nous fixons pas de frontières en matière d’arts visuels, dans les limites bien sûr du budget disponible (…) et dans la limite aussi des espaces dont nous disposons, à savoir la salle d’exposition et les jardins (…) Ces dernières années, nous avons porté l’effort sur l’accueil et le confort des artistes plasticiens (…) Nous allons bien sûr maintenir ce cap tout en travaillant encore davantage sur les publics, sur leur sensibilisation aux différents modes d’expression artistique. »…
Sébastien Holdrinet (Centre d’art de la Ville de Nouméa)

Photographie  culturelle Bosen  Napu et David Becker au centre Tjibaou en 2004 pour l’exposition  “Regards croisés » (photo ADCK-G del Rio)« Fin 2000, il y avait une belle case, un bar, des tables, des chaises, pourtant ça ne ressemblait à rien pour moi. Il manquait l’essentiel, la force, l’esprit, l’âme, et ce sont les artistes qui l’ont apporté grâce à leur travail et à leurs œuvres (…) Il ne s’agit pas d’un habillage artistique, mais d’une présence artistique mélanésienne et océanienne, d’une mise en commun d’artistes kanak et non kanak partageant cette même intensité, la même envie de rencontre. »…
Thierry Rossignol (responsable de l’exploitation de l’île aux Canards)


Bosen Napu vit à Yénapuas, dont il est originaire, dans la zone coutumière de Tanna. Initié par David Becker, Bosen Napu pratique la photographie culturelle depuis 1992. « Nous avons gardé de justesse notre coutume qui était en train de se perdre, comme ailleurs (…) Sans le noyau de vieux qui étaient toujours restés dans la coutume, il aurait été très difficile d’y revenir. Certains sont partis parce qu’ils pensaient que la coutume était démodée. Les vieux de chez nous disent : « On connaît notre histoire depuis très, très longtemps, mais l’on n’a jamais entendu dire qu’elle était démodée. »… 
Bosen Napu (collecteur coutumier. Centre culturel du Vanuatu)

Célestin  Poani Aman (photo ADCK-G del Rio)« Les fruits, c’est le travail apporté aux jeunes, c’est eux qui vont dire s’il s’agit ou non d’un travail de photographe, mais moi, je ne peux pas me dire photographe, c’est trop tôt, là je suis au travail, c’est tout. »...
Célestin Poani Aman (photographe, formateur)


Partager
Retour à Mwà véé - Archives
Accueil - Mentions légales - Plan du site - Contactez-nous