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Mwà véé n°51 /

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Mwà Véé 51

UN DOSSIER : LES DEPORTATIONS POLITIQUES EN NOUVELLE-CALEDONIE

Un suplément couleurs sur l'expositions « Paris-Nouméa, Les communards en Nouvelle-Calédonie »

LES CAHIERS DU PATRIMOINE

ORAL KANAK N° 5

Dans ce supplément dédié au patrimoine oral kanak, une légende de la région de Canala collectée et transcrite en langue xârâcùù par Patrice Moasadi

Le dossier

Extraits de l'éditorial

supplément« Quel rapport entre les bagnards et les communards, les transportés de droit commun et les déportés politiques, les exilés kanak, tahitiens, wallisiens, futuniens, vietnamiens, japonais, d’origines austro-hongroise ou allemande, les espions ? Les nationalités, les communautés, les destins, les idées, les motifs de condamnation, les époques même diffèrent. Certes, mais tous ces exilés ont un point commun, la Nouvelle-Calédonie. »…
Mwà Véé

Extraits du dossier

Les communards et leur héritage

« À l’occasion du centième anniversaire de la mort de Louise Michel, qui en fut l’une des principales figures, L’exposition « Paris-Nouméa, les communards en Nouvelle-Calédonie », présentée au centre culturel Tjibaou jusqu’au 26 février 2006, évoque leur sort. Cette exposition s’efforce, d’une manière originale, à la fois pédagogique et ludique, de traduire la réalité de leur déportation en Nouvelle-Calédonie et l’héritage que cette dernière a laissé. Gilbert Bladinières, commissaire de l’exposition

Difficile adolescence

La dimension pédagogique

Isabelle Amiot, professeur d’histoire-géographie souligne l’intérêt que présente une telle exposition pour les Calédoniens en leur proposant « une vision de l’intérieur, locale, de cette période historique ». Son confrère Jean-Claude Yagues a également visité l’exposition avec ses élèves. « Leur réaction a été très positive et les prolongements en cours ont, du coup, été très riches ».

Réactions de visiteurs

« Très bonne exposition qui rappelle que la Commune est d’abord une tentative de révolution sociale et pas seulement un sursaut patriotique… ». « Merci pour cette belle exposition qui lie les destins et ne peut que nous encourager à ne pas répéter les erreurs du passé, et à grandir ensemble ».
Extraits du livre d’or de l’exposition

Paroles de Louise Michel

« L’insurrection canaque fut noyée dans le sang, les tribus rebelles décimées ; elles sont en train de s’éteindre, sans que la colonie en soit plus prospère. »
(…) « Devant cette intelligence haute et ferme, devant ce cœur brave et bon, je me demandais : Quel est l’être supérieur, de celui qui s’assimile à travers mille difficultés des connaissances étrangères à sa race, ou de celui qui, bien armé, anéantit ceux qui ne le sont pas ? »
« À Nouméa, je pouvais, à mon école du dimanche, prendre sur le vif la race canaque. Eh bien ! elle n’est ni bête, lâche, deux fameuses qualités par le siècle qui court ! »
Extraits tirés des ouvrages suivants : Légendes et chansons de gestes canaques. Aux amis d’Europe. Éditions Grain de Sable. Nouméa ; La Commune, histoire et souvenirs. Éditions La Découverte/Poche ; Mémoires de Louise Michel. Écrits par elle-même. Éditions François Maspero. Paris 1976.

Difficile adolescence

Témoignages

« Même si la nouvelle génération ne la connaît pas, ou mal, l’histoire et la tradition font que la reine Hortense est un personnage coutumièrement très important, chez nous, à l’île des Pins (…) Louise Michel était très connue des anciens qui la considéraient comme une femme de la même trempe que la reine Hortense, qui partageait le même combat. Son nom signifie toujours quelque chose pour les gens de ma génération, même si on n’en parle pas dans la tradition orale. »
Hilarion Vendegou, grand chef de l’île des Pins

« la colonisation a montré que l’on peut aller jusqu’à déplacer les gens qui s’élèvent, protestent contre un système qui ne les respecte pas. Après, quand on a envoyé des déportés et des transportés ici, c’était une autre facette de la colonisation, consistant à exiler les opposants et les condamnés de droit commun loin de chez eux, de leur pays. Tous ces condamnés, qu’ils soient politiques ou de droit commun, ont vécu l’injustice d’être éloignés de chez eux, coupés de leur terre, de leurs familles, de leurs racines. »
Élie Poigoune, président de la Ligue des droits de l’homme

« En découvrant l’exposition au centre Tjibaou, qui présente de nombreux documents et objets de la collection, j’étais très ému et impressionné par son contenu (…) Cette exposition est une démarche intéressante et importante pour la mémoire et l’appropriation de l’histoire par les Kanak, et les Calédoniens, auxquels cette période n’était pas enseignée jusqu’à ces dernières années.
Max Shekleton,président de l’Association Déportation à la Nouvelle-Calédonie

Difficile adolescence

Éclairages

« Je ne sais pas si elle (Louise Michel) a vraiment compris les Kanak, mais elle a été une bonne ambassadrice parce qu’elle a vécu sa présence et sa relation aux autres, ici, dans sa chair (…) Elle fait partie de ces gens qui sont nourris par la littérature et elle va trouver ici, auprès des Kanak, une poésie immédiate. »
avec Frédéric Médevielle

« Car Louise Michel fut celle qui connut (peut-être de façon superficielle) et reconnut la valeur littéraire de la tradition orale indigène en la plaçant sur le même plan que la littérature traditionnelle européenne (…) Malgré une compréhensible distance à l’égard des Canaques (langues, coutumes…), nous découvrons la rare fraternité d’une narratrice qui sert volontairement de pont entre deux mondes (…) Elle fut l’un des tout premiers observateurs laïcs, sinon le premier, à insister sur l’existence de diverses aires linguistiques et releva dix « vocabulaires » différents. »
François Bogliolo (Extraits de son intervention « Métissage du texte dans Légendes et chants de geste canaques de Louise Michel ». Actes du huitième colloque CORAIL, 1995).

Difficile adolescence

L’exposition « Île d’exil, terre d’asile »

« Cette exposition intéresse aussi beaucoup les communautés concernées par les déportations (…) Les descendants sont en général fiers de s’identifier à ces ancêtres qui ont été exilés pour leurs idées émancipatrices et idéalistes et qui exprimaient des courants autonomistes au sein de l’histoire coloniale. Ces idéalistes constituent une étape dans la construction de la citoyenneté, dont chacun de nous profite aujourd’hui, et l’on peut considérer qu’ils ont joué un rôle moteur fondamental dans l’évolution historique de la France et dans sa réflexion humaniste vis-à-vis de ses colonies. »
Véronique Defrance, directrice du musée de la Ville

« La déportation politique des communards en Nouvelle-Calédonie représente un paradoxe. Il s’agit d’une histoire importante pour la Nouvelle-Calédonie dans le sens où elle relie celle-ci à un événement et à des hommes et à une femme, Louise Michel, de dimension nationale et internationale. Cette période est, par contre, beaucoup moins importante dans l’histoire de la colonisation de la Nouvelle-Calédonie, dans le sens où très peu de communards sont restés ou sont revenus s’installer en Nouvelle-Calédonie et y ont fondé une famille (…) Aucun Kanak n’a été condamné à une déportation politique par une décision de justice, après jugement. Ceux qui ont été exilés l’ont été par simple décision administrative. C’est un éloignement pour raisons politiques, qui n’entre pas dans le cadre du dispositif s’appliquant à la déportation (…) Mais l’idée reste la même, éloigner les fauteurs de troubles, et le fait d’éloigner les opposants politiques devient, pendant toute la période coloniale, un mode d’administration. »
Louis-José Barbançon, historien



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