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Mwà Véé n°49 /

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A lire dans le nouveaumwavee49_clip_image002
Mwà Véé 49

Un dossier : Enfant et société, hier, aujourd’hui

Un hommage au festival Mélanésia 2000, une génération après

Un retour sur la création contemporaine kanak Les Damnés
 

Extraits de l’éditorial

« L’enfant, l’adolescent, et plus globalement ceux que l’on appelle les jeunes, sont plus que jamais au centre des préoccupations. Il suffit de constater la mobilisation actuelle à leur égard, à tous les niveaux de la société. Faut-il en déduire que le « problème des jeunes » s’accentue, dans une société calédonienne en mutation permanente, dans des proportions plus importantes qu’ailleurs ? (…)
L’enfant kanak, l’adolescent kanak, le jeune kanak, ne sont pas épargnés par ce phénomène. Ils sont même parfois davantage concernés, incités et parfois contraints qu’ils sont à « conjuguer », entre autres équations, celle de l’éducation coutumière et de l’éducation scolaire. On verra dans ce dossier qu’il ne leur est pas toujours facile, pour diverses raisons, de concilier les deux (…)
Quelques exemples d’initiatives récentes, en matière de réflexion et d’actions concrètes concernant les enfants, les adolescents et les jeunes en Nouvelle-Calédonie  »…
Mwà Véé
 

Extraits du dossier « Enfant et société »
La place de l’enfant dans la société kanak, hier et aujourd’hui


mwavee49_clip_image002_0000« Le premier constat que je fais de la société actuelle, c’est l’éclatement des communautés, l’éclatement dans les tribus, l’éclatement dans les clans et même au sein des familles, la séparation. (…) La société kanak urbaine elle–même est déracinée, quoiqu’on ne veuille pas entendre ce mot. Elle est déracinée, parce qu’elle ne se trouve plus à la tribu mais à Nouméa. On essaie de reconstituer à Nouméa la tribu mais c’est difficile….
(…) Le problème est que nos enfants, lorsqu’ils sont en ville, ne reçoivent pas d’éducation à la coutume (…) L’éducation se fait à la française mais il n’y a pas d’éducation coutumière…
(…) La place de l’enfant (kanak) et les temps de vie de l’enfant sont les mêmes que ceux des enfants européens : c’est la famille, l’école, la rue (…) Du fait qu’on soit en ville et éloigné de la tribu, il y a des déviances. Quand on est dans la tribu, ça va, car on a toujours ce regard collectif et la responsabilité commune…
(…) un enfant dans la société traditionnelle n’est pas l’enfant du couple mais c’est l’enfant du clan. Il est socialisé très jeune du fait qu’il est toujours avec les autres enfants. »…
Joseph Streeter , ancien instituteur, président de l’Association pour la protection de l’enfance et de la jeunesse en difficulté (APEJ) et l’Association calédonienne pour l’animation et la formation (ACAF), membre du Conseil économique et social, dont il préside la commission Jeunesse)
 

Réflexion en compagnie d’un daahma le tuun, Béalo Gony

« La chefferie Wedoï (Wedoye), nom d’adoption, le véritable nom étant Thiijit Gony, de la vallée de Hienghène, branche cadette de la grande chefferie Bwarhat, s’est retrouvée sans enfant mâle pour assurer sa descendance. On décida alors de prendre un enfant de la sœur (cousine germaine) du daahma le tuun. C’est ainsi que je fus adopté à l’âge de deux mois. Tout de suite, on m’a pris de chez ma mère biologique et je suis allé vivre avec mes parents adoptifs à la chefferie. »

C’est ainsi que Béalo Gony évoque cet épisode personnel de son parcours coutumier dans le mémoire qu’il a consacré à l’éducation d’un daahma le tuun (l’aîné du clan ou petit chef). Aujourd’hui, Béalo Gony est assistant de conservation au musée de Nouvelle-Calédonie, à Nouméa. Mais il s’apprête aussi à prendre des fonctions de daahma le tuun dans son clan. Il revient ici sur le sens de l’adoption en milieu kanak, sur la façon dont il l’a lui-même vécue, sur son éducation et ses responsabilités. Il s’exprime aussi sur la relation parfois délicate entre l’éducation traditionnelle et l’école…
 

Des enseignants spécialisés aux côtés des élèves en difficulté

Parmi les dispositifs qui ont été mis en place ces dernières années pour enrayer l’échec scolaire et pour mieux encadrer par conséquent les élèves en difficulté, Mwà Véé s’est intéressée à la formation d’enseignants spécialisés qui se déroule actuellement à l’initiative du vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie.

(…) «  Pour être enseignant auprès d’élèves en difficulté, il faut en effet posséder des compétences spécifiques, une connaissance de l’adolescent en situation de rupture, une bonne pédagogie psychosociale, alliées à une bonne pratique des didactiques disciplinaires. Il s’agit de se situer non seulement par rapport aux difficultés liées à l’adolescence, mais également par rapport aux difficultés propres à chacune des disciplines enseignées. »…
Philippe Kerfour et Wladimir Di Giorgio, responsable et coordinateur pédagogiques de cette formation spécialisée
 

Réflexion sur la responsabilité éducative, celle des parents,
celle des enseignants…

(…) « Concernant les formations dans lesquelles j’interviens à l’IUFM, à l’IFM et au vice-rectorat, j’essaie de sensibiliser les enseignants à des attitudes qui parfois les déroutent de la part de leurs élèves, le fait, par exemple, que les jeunes filles ne les regardent pas lorsqu’ils s’adressent à elles. Il s’agit en fait d’expliquer à quoi correspond dans notre culture ce type d’attitude et, plus globalement, la posture de l’enfant kanak, son positionnement par rapport à une personne étrangère comme l’enseignant. Du coup, ces éclaircissements entraînent parfois des questionnements en amont de la part d’enseignants à propos de la réaction, parfois très critique, de certains vieux par rapport à l’école. »…
John Passa , ou encore Jone Passa, doctorant en anthropologie politique
 

Enseigner à des élèves en difficulté

(…) « Pour ma part, j’ai l’impression que les élèves vont à l’école parce qu’il faut aller à l’école. La majorité d’entre eux ne considèrent pas l’école comme un ascenseur social… (…) Se pose également la question du manque de ressources familiales…
(…) Il faut encore évoquer ce qui est ressenti par un certain nombre de parents et de jeunes comme un futur illisible (…) Les gens ont compris que l’école, si elle est nécessaire dans le monde actuel, véhicule toutefois des valeurs très individualistes qui, à terme, compromettent l’équilibre de la société traditionnelle…
(…) La difficulté est grande pour un enfant kanak de la tribu de participer à l’école où il se retrouve dans un environnement irréel, transplanté dans le milieu tribal. Il lui est très difficile de naviguer dans cet espace où les références ne sont pas les siennes. Il faut souligner à cet égard les efforts entrepris par les institutions pour adapter les manuels et les programmes scolaires à cette réalité. »…
Pierre Kauma , enseignant en section d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA), au collège de Wé, à Lifou
 

Difficile adolescence


mwavee49_clip_image004(…) « Il est difficile d’être un enfant kanak dans son propre pays. Entre échec scolaire et échec tribal, il porte souvent les stigmates de cette exclusion (…) Ballotté pour des raisons culturelles, rejeté pour des raisons économiques, étouffé pour des raisons traditionnelles, l’enfant kanak perd un peu plus de sa « kanakitude » pour ne plus ressembler qu’à l’image qu’on veut bien lui donner (…) Au-delà de la problématique générale de l’acculturation, l’enfant porte en lui les traces de la déliquescence de sa société. Il est abandonné culturellement et marginalisé par son altérité. »…
Jone Passa
 

La mobilisation associative
L’exemple de l’ACAF à travers le colloque « Éducation et citoyenneté »

(…) « Aujourd’hui, on peut évoquer ouvertement l’échec scolaire et professionnel, mais cela fait bien longtemps qu’à travers les formations que nous organisons, nous constatons ses conséquences au niveau de l’expression orale et écrite….
(…) Les associations comme l’ACAF ont un rôle d’ « écoles de la citoyenneté » à jouer. »…
Christian Canel , secrétaire général de l’ACAF
 

L’enfant vulnérable, avec Yoram Mouchenik

Qu’est-ce qu’un « enfant vulnérable » au sens où Yoram Mouchenik l’emploie dans le cadre de son livre ?…

(…) J’ai suivi une soixantaine d’enfants durant mon travail de clinicien et je n’ai pas observé de spécificité kanak du trouble ou de la maladie psychologique chez l’enfant. La spécificité est celle des représentations spécifiques à chaque culture, la façon dont est perçu l’enfant en difficulté ou en souffrance. Chaque culture a sa définition du statut de l’enfant, de l’origine de ses troubles ou maladies et des dangers qui pourraient le menacer (…) L’enfant est un baromètre du groupe familial, clanique, il est l’objet de beaucoup d’attentions et d’hypothèses sur ces troubles de santé parce qu’il représente l’avenir du groupe et sa vitalité. Il peut se produire que des conflits non résolus depuis plusieurs générations aient des conséquences sur l’enfant, tout au moins sur la façon dont celui-ci se trouve alors perçu par son entourage. »…
Yoram Mouchenik (Docteur en anthropologie, psychologue et psychothérapeute, en intersecteur de psychiatrie de l’enfant ; chercheur associé au Laboratoire de Psychogenèse et Psychopathologie de l’université Paris XIII, Bobigny, et aux unités de recherche en anthropologie océanienne GTMS et GDRNC de l’EHESS-CNRS, Paris)
 

Yoram Mouchenik à l’écoute des enfants vulnérables

(…) Le thérapeute, ici, se double d’un ethnologue. Pour comprendre de quoi l’enfant est le réceptacle, il faut d’abord le situer dans son tissu social, avec ses dynamiques, ses enjeux, ses conflits. Et cela, ce sont la famille et les autres partenaires qui vont l’exprimer, participant au processus de soin dans une co-construction commune tant du cadre que des interprétations. »…
Cécile Mozziconacci , rédactrice culturelle

La médiathèque et l’enfant


mwavee49_clip_image006« La valorisation du patrimoine linguistique est l’une des missions de l’ADCK depuis sa création. Cette démarche est dans le droit fil de l’Accord de Nouméa où les langues kanak sont établies comme langues de culture et d’enseignement.
Au moment où les langues commencent à être enseignées dans les écoles et à l’université, la nécessité d’avoir des publications en langue se fait fortement sentir.
La publication de ces albums en paicî, en a’jië, et maintenant en iaai, est un moyen de valoriser les langues et la culture kanak…
(…) À l’heure où l’ADCK s’engage dans cette voie, la littérature jeunesse reste encore peu explorée en Nouvelle-Calédonie et, d’une manière plus large, en Océanie. Les enfants d’ici ont besoin de toutes sortes de livres, y compris d’histoires proches de leur vécu. »…
Liliane Tauru , responsable de la médiathèque de l’ADCK-centre Tjibaou
(Suit une présentation des trois albums déjà publiés et de leur auteurs et illustrateurs)
 

 

Rêve d’enfance

«  De cette phrase canon de l’enfance : « quand je serai grand, je serai… » à cette phrase mélancolique, « tu te souviens quand nous étions… » et pour finir, à cette phrase nostalgique et parfois définitive : « quand nous avions votre âge… », l’enfance se décline dans un éternel retour vers le futur. C’est une période où l’envie de grandir est revendiquée, hurlée, affirmée. Grandir pour oublier la fragilité d’être. Mais une fois adulte, le silence est récité à tous les temps. De l’enfance il ne reste que des bouts magnifiés, mystifiés, regrettés. »…
Jone Passa
 

Extraits de l’hommage à Mélanésia 2000, une génération après

 
mwavee49_clip_image002_0001Le festival Mélanésia 2000 fait aujourd’hui partie de l’héritage culturel kanak et calédonien. A ce titre, le centre culturel Tjibaou a tenu à marquer le trentième anniversaire de cet événement par un retour en images et en paroles dans le cadre d’une exposition photographique et d’une rencontre assortie d’un diaporama présenté par Jacques Rivaton et d’une projection du film réalisé par J. Lupant…Mwà Véé

(…) Mélanésia 2000 a été l’avènement particulier d’un jour, exprimé dans un espace-temps soutenu par des pensées secrètes et sacrées, des prières et des rêves portés par des êtres humains debout, animés d’une même flamme et d’une même volonté. À ce titre, Mélanésia 2000 est et restera le symbole fort et marquant de l’histoire culturelle de notre pays. Mélanésia 2000 est un héritage de nos pères, mères, grands-pères et grands-mères qu’il nous faut assumer et vivre, défendre et léguer. »…
Denis Pourawa, jeune écrivain kanak, auteur de l’album jeunesse Téâ Kanaké

Paroles et images de danse


mwavee49_clip_image004_0000«  J’ai découvert les jeunes danseurs hip-hop calédoniens à l’occasion du spectacle Récital que nous avons présenté au théâtre de l’Île voici trois ans (…) Lorsque je suis revenu en Nouvelle-Calédonie quelques mois plus tard, j’ai constaté que ces jeunes avaient bien progressé au point que certains enseignaient même le hip-hop, sans toutefois posséder les bases pédagogiques nécessaires. J’ai alors eu l’idée d’organiser pour eux une formation de formateurs, (…) Le résultat obtenu a été si prometteur que j’ai eu envie d’aller jusqu’à la création d’un vrai spectacle. Le centre Tjibaou a relevé le défi et cela a donné Les Damnés…
(…) Au début de la formation, je travaillais avec eux comme s’ils devaient s’adresser à un public de quartier, puis, devant leurs qualités, leur assiduité, j’ai placé la barre de plus en plus haut et, chaque fois, ils l’ont franchie. »…
Najib Guerfi , chorégraphe



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