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Mwà Véé N°43 /

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Mwà Véé (N°43)
Un dossier : De la parole à l'image
Un supplément : les cahiers de Mwà Véé
La revue Mwà Véé innove en ce début 2004 en proposant à ses lecteurs un supplément consacré aux richesses du patrimoine oral kanak : mythes et légendes, histoires, contes, généalogies…
Ce premier numéro des Cahiers de Mwà Véé nous fait découvrir l'histoire inédite de la pirogue de Sevaa, racontée par Arthur Maramin de la tribu de Nonhoué (Canala), recueillie par Emmanuel Kasarhérou et Patrice Moasadi de l'ADCK/centre Tjibaou, transcrite en langue xârâcùù et en français.

Le dossier de ce n°43 est consacré à la place de l'image dans la société kanak et calédonienne d'aujourd'hui…
extraits (…)

 

cahier_mwavee-2« Chacun s'accorde à reconnaître qu'il existe bel et bien un cinéma kanak, un cinéma calédonien d'émergence. Que faudrait-il faire pour que ce jeune
cinéma soit davantage encouragé, pris en compte, montré ? Mais, surtout, qu'attend-on de lui, quelle image de nous-mêmes, de nos cultures, de notre société ? Face à ces questions, des cinéphiles, des réalisateurs indépendants, des responsables de structures qui utilisent le film dans le domaine éducatif, des gens qui collectent des éléments du patrimoine kanak s'expriment librement… »
Mwà Véé (éditorial du n° 43)

« L'image permet de capter tous ces “détails” qui sont en réalité très importants dans la mesure où ils font complètement partie du rite… (…) Le film ne remplace pas la transmission classique, il vient en complément, comme un support d'information. Il n'est pas l'information. L'information, c'est le vieux qui la détient. Sans ces vieux qui savent et sans les savoirs, il n'y a pas matière à film. Il ne faut donc pas inverser les choses… (…) Quand tu es Kanak et que tu filmes en milieu kanak, ce n'est pas pareil. Tu sens que tu recueilles une matière particulière, précieuse auprès des vieux et non pas une matière quelconque. »
Patrice Moasadi, enquêteur culturel ADCK/centre Tjibaou

« Ces images-là, si on ne les capte pas au bon moment, manqueront aux générations futures quand elles poseront des questions sur leur propre histoire. Faire de l'image, c'est une manière de rester attentif à ce que l'on devient et à ce que l'on fait, et d'en garder une trace qui soit parlante…  (…) Bien sûr, nombre d'histoires de généalogie propres à des clans, de cérémonies bien particulières n'ont jamais été filmées. »
Augustin Cidopua, secteur audiovisuel, médiathèque ADCK/centre Tjibaou

« Il y a beaucoup à faire dans le domaine documentaire, mais également dans le domaine de la fiction. Il faut créer des films qui contribuent à faire évoluer les mentalités… (…) Il faut faire émerger, valoriser tout le monde, c'est ça, l'image (…) j'espère que les gens seront de plus en plus à l'écoute du devenir de leur propre image. »
Désiré Menrempon, jeune réalisateur kanak, association Poadane


Photo-affiche de la rencontre autour du cinéma documentaire organisé par l'association Poadane, fin 2003 au centre culturel Tjibaou (…)


rencontre« Grâce au film, on peut réitérer ou renouveler une bonne partie de l'observation, à la différence de la démarche classique qui consiste à travailler à partir de son carnet de notes, sans toujours avoir la possibilité de retourner sur le terrain pour vérifier ou approfondir certaines données. » Patrice Godin, anthropologue, service du patrimoine de la Province Nord « La dimension du cinéma documentaire de création, de fiction, est importante pour les gens, tout particulièrement pour les jeunes qui, par définition, incarnent l'avenir, notre avenir. Il faut qu'ils se reconnaissent dans l'image que l'on donne d'eux-mêmes et pas seulement à travers les actualités du journal télévisé ou les reportages que l'on nous donne à voir.

Brigitte Whaap, jeune réalisatrice kanak, association Poadane « un documentaire ethnographique bien fait, sans voyeurisme ni exotisme gratuit, peut apporter des éléments d'une meilleure compréhension d'une société en évolution comme la nôtre. »

Sylvie Hmeun, journaliste, camerawoman, RFO Nouvelle-Calédonie «  Il existe un réel potentiel local en matière de jeunes réalisateurs kanak et calédoniens. Certains ont été formés, d'autres sont à former. Cette question de la formation à l'image est primordiale. » Nicolas Luiggi, jeune réalisateur calédonien, Genu production « L'image est un vecteur intéressant, notamment pour les jeunes Kanak imprégnés de tradition orale. La technique s'acquiert rapidement et il n'y a pas de problème de langue. On peut raconter une histoire en images quelle que soit sa langue…

(…) Mon rôle, dans le cadre de mon enseignement de professeur de français, consiste d'abord à apprendre aux élèves à lire l'image, à la décrypter, puis à les amener à être responsables de leurs propres images. »

Franck Esnault, professeur de lettres, responsable de la section audiovisuelle du lycée Lapérouse

audiovideoAtelier audiovisuel dans un centre aéré de la Fédération des œuvres laïques, été 2004, Nouméa « J'ai choisi ce thème parce que je trouve qu'on ne donne pas assez la parole aux Mélanésiens sur la transformation de la société, qu'on ne leur demande pas leur point de vue sur ce nouveau monde. »

Terence Chevrin, jeune calédonien, élève de Franck Esnault, lycée Lapérouse « L'image possède une force, elle fait parler les choses et provoque l'analyse (…) Du coup, elle permet de garder la mémoire de notre culture à une époque où les jeunes s'en désintéressent de plus en plus et se tournent alors vers tout ce que l'on connaît, qui les fait dériver (…) L'image peut apporter beaucoup à la société kanak, contribuer à mieux la faire connaître mais aussi à ce qu'elle se connaisse mieux elle-même. »

Elodie Teanyouen, jeune kanak, élève de Franck Esnault, lycée Lapérouse « Ce que je sais, c'est que quand on travaillait sur l'image, le son, parallèlement à l'enseignement de la langue française, on obtenait de bons résultats, de la maternelle au CM2. Nous en étions encore aux prémices de l'exploitation de l'image à des fins pédagogiques, mais la méthode avait commencé à faire ses preuves. »

Pierre Cadéot, directeur du Centre de documentation pédagogique de Nouvelle-Calédonie « Comme d'autres réalisateurs calédoniens, nous cherchons nous aussi à ce que les gens se reconnaissent dans les sujets et les images que nous réalisons. Ce pays est en pleine évolution éducative et il est important de relayer cela avec des images qui reflètent bien la réalité d'ici (…) C'est une partie de soi-même que l'on capte et que l'on montre et l'on a à cœur de refléter les choses telles que les gens les vivent vraiment et les ressentent. »

Mario Andry, responsable du service audiovisuel du CDP NC (…) « L'image est parfois brute, elle peut faire mal, déclencher la passion, la haine si elle n'est pas expliquée. C'est pour cette raison qu'il faut aller doucement avec les images liées à l'histoire quand celle-ci est douloureuse, parce que les gens ont du mal à regarder leur passé…

(…) Que ce soit sur la Grande Terre ou dans les Îles, les sujets ne manquent pas. Le magazine Kenu (…) a permis de retrouver une lucarne locale sur l'antenne, que RFO n'aurait jamais dû perdre parce que c'est sa mission première de station locale et régionale. »

En complément de ces entretiens, Mwà Véé publie une bibliographie et une vidéographie des ouvrages et films disponibles à la médiathèque de l'ADCK



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