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Mwà Véé n°44 /

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A lire dans le nouveau Mwà Véé (n° 44)couv-num44
Un dossier : sous la grande case de l’histoire
Un supplément : les cahiers de Mwà Véé Dans ce supplément dédié au patrimoine oral kanak, Mwà Véé met en valeur un récit mythique qui s’inscrit dans le grand cycle du lézard, présent dans l’ensemble de la Grande Terre : Le Maître de Koné, dans sa version en langue a’jië, telle que transcrite par Bwêêyöuu Ërijiyi (dit Boesou Eurijisi : 1866-1947) et traduite en français par Maurice Leenhardt.






 

 

 

Le dossier :cahier_mwavee-2
quelle place pour la mémoire kanak, quelle place pour la mémoire calédonienne dans l’histoire ?
Dans ce dossier, Mwà Véé soulève une série de questionnements sur la place et le rôle de l’histoire dans la société calédonienne contemporaine.

De quelle histoire parlons-nous ? Est-elle la même pour tous ? Est-elle perçue de la même façon par tous ? Quel est le rôle de l’histoire dans un pays en construction comme la Nouvelle-Calédonie ? L’histoire et la citoyenneté sont-elles liées ? Ce lien passe-t-il par le concept de nation ? L’histoire kanak est-elle réductible à l’histoire telle qu’on l’entend d’un point de vue rationnel, scientifique ? Faut-il écrire cette histoire kanak ? Dans l’affirmative, qui doit s’en charger ? Faut-il avoir peur de l’histoire ou la considérer comme un élément moteur permettant de mieux aborder le présent et l’avenir ?

Des chercheurs et des enseignants en histoire, kanak et calédoniens, réagissent à toutes ces questions.
 

Sommaire du numéro

* Edito
Quelle place pour l’histoire ?
* Entretiens
Quêtes identitaires, citoyenneté calédonienne et histoire
Christiane Terrier
* La densité de l’histoire
Dany Dalmayrac
* L’approche romantique de l’histoire face à l’approche scientifique de l’histoire
Luther Woudjo
* Archives kanak. Guide des sources 1774-1958
Karine Dervieux
* En mémoire des anciens
Joseph Natéawé
* Ne pas avoir peur de l’histoire
Louis-josé Barbançon
* Quel fil conducteur de la préhistoire à l’histoire ?
Christophe Sand
* Histoire et devoir de mémoire
Gabriel Valet
* Une approche pédagogique de l’histoire et de la géographie adaptée à la Nouvelle-Calédonie
Yves Jacquier
* Sous la grande case de l’histoire
Gérard del Rio
* Quelques paroles à lire
Gérard del Rio
* Eclairage
Ismet Kurtovitch

Extraits


« Il faut une histoire commune pour un avenir commun…

Je constate depuis quelques années l’intérêt croissant porté par les nouvelles générations à l’histoire et à son étude. Lorsque j’ai commencé à enseigner à l’IFM, il y a une quinzaine d’années, peu nombreux étaient ceux qui s’intéressaient vraiment à ce domaine, et surtout parmi les jeunes Kanak qui avaient du mal à se reconnaître dans un discours historique européen qui ne correspondait pas à leur perception du passé.
Depuis cinq ou six ans, un réel intérêt pour l’histoire s’est développé parmi ceux qui se destinent aux métiers de l’enseignement et chez les instituteurs en poste auxquels j’ai affaire dans le cadre de la formation continue. C’est ainsi que, depuis deux ou trois ans, de plus en plus de jeunes Kanak s’inscrivent dans le discours historique que nous pouvons produire parce qu’ils sont plus réceptifs à son approche scientifique…
On sent chez eux une demande forte d’information et de formation personnelle, fondée sur une réelle demande sociale de la part du monde kanak… »
Christiane Terrier

« Cette réserve (des Kanak à aborder eux-mêmes leur propre histoire) s’explique par le souci de ne pas casser les liens recréés à la suite des événements de 1878 et qui existent encore (…) on peut faire un roman de cette période, mais si l’on prétend faire un travail sérieux, scientifique sur la question, c’est un travail de longue haleine. Il faut faire attention, aussi, de ne pas tomber dans le piège qui consiste à essayer de faire correspondre une réalité, qui n’en est pas une, à une théorie de départ… »
Dany Dalmayrac

« L’histoire (…) est un concept qui n’est pas toujours adapté à l’histoire d’un point de vue kanak… l’histoire, d’un point de vue kanak, c’est un sens qui est donné à une explication de son vécu. Personnellement, même si je me plaçais d’un point de vue scientifique, je n’irais jamais demander à quelqu’un l’histoire généalogique de son clan parce que je considère qu’il s’agit d’un vécu qui lui appartient, qui représente pour lui et les siens un patrimoine… »
Luther Woudjo

archives_kanak« Ce guide (Archives kanak - guide des sources 1774-1958) a été conçu comme un outil synthétique, pour aider ceux qui le souhaitent dans leurs recherches. Il s’adressera sans doute à un public ciblé, qui a besoin d’effectuer un travail de type historique, universitaire ou autre, mais il est accessible à tous… »
Karine Dervieux

(Ce guide est diffusé gratuitement aux communes, aux provinces et aux administrations culturelles de Nouvelle-Calédonie ainsi qu’aux services d’archives en France, de façon à susciter un intérêt vis-à-vis de l’histoire kanak. Il est également en vente au service des archives de la Nouvelle-Calédonie.)
« On a du mal à avoir une vision générale de l’histoire ici, et même sur celle de sa propre région (…) avant de consulter les fonds d’archives, on pense tout connaître, tout au moins l’essentiel (…) alors que lorsque l’on étudie les documents anciens sur cette période, on apprend plein de choses, même si plusieurs travaux lui ont déjà été consacrés.
Je pense qu’il faudrait, quand on fait l’histoire d’une région donnée, associer à cette démarche des gens de cette région, qui la connaissent bien. De la même manière, je pense qu’il faut intéresser les jeunes kanak à l’histoire kanak et les inciter à travailler sur elle… »
Joseph Natéawé

(Sous la direction d’Ismet Kurtovitch, responsable du service des archives de la Nouvelle-Calédonie, Joseph Natéawé a réalisé le répertoire patronymique du registre matricule des engagés volontaires kanak de la Première Guerre mondiale, en 1916-1917 et celui des engagés volontaires Kanak, de 1920 à 1928.) « Il me semble que l’un des grands débats qui se posent par rapport à l’histoire en Nouvelle-Calédonie, c’est le débat sur le « non-dit (…)
En milieu kanak, le non-dit est une donnée fondamentale (…) puisque l’on est en lutte pour la décolonisation, rien ne doit entraver cette lutte, même pas l’histoire (…) en même temps, il faut comprendre cette attitude parmi les kanak vis-à-vis de l’histoire. Il ne faut pas oublier qu’ils ont été dans un premier temps, et durant plus d’un siècle, complètement niés en tant que société humaine avec son organisation, spatiale, politique, sociale, religieuse, culturelle… dire l’histoire, pour eux, c’est s’exposer à ce qu’une fois de plus elle se retourne contre eux. C’est pour cela qu’ils sont si prudents avec elle… »
Louis-José Barbançon

« Avant de pouvoir aboutir à un semblant d’accord ou de synthèse, il me semble qu’il faudra à un moment passer par une mise à plat des discours, des réflexions, en mettant autour d’une table des historiens officiels, des universitaires, des gens de la brousse et des gens du fin fond des vallées, et écouter la manière dont chacun parle de son passé (…) dans un premier temps, l’histoire doit être enseignée. Depuis les accords de Matignon, on tient un discours d’unité historique face aux scolaires (…) l’autre étape importante, à mon sens, consiste à parvenir à ce que, dans les dix ans à venir, de jeunes Kanak, issus de l’université, se posent des questions sur l’historiographie de la Nouvelle-Calédonie, selon leur point de vue, débarrassés des chaînes du passé, ce qui va demander beaucoup de courage à ces jeunes face aux difficultés et aux tensions. Je crois qu’il faut aussi laisser jouer le facteur temps, qui permettra à chacune des communautés culturelles du pays d’aborder plus sereinement les choses… »
Christophe Sand

« A travers notre bulletin et la publication d’ouvrages (ceux de la Société d’études historiques de la Nouvelle-Calédonie), nous essayons de contribuer à mieux faire connaître le passé calédonien. Chaque numéro de la revue dévoile un peu de cette histoire, pas uniquement l’histoire avec un grand H, mais celle aussi de ces familles qui ont fait souche ici et dont certaines se sont perpétuées jusqu’à nos jours… »
Gabriel Valet

« A cette époque, une volonté d’accompagner la reconnaissance politique de la réalité kanak et calédonienne telle qu’elle avait été définie par ces accords par une reconnaissance de l’histoire et de la géographie s’est manifestée parmi les enseignants calédoniens. Ce qui les a conduits à proposer des outils d’enseignement adaptés, complémentaires des outils d’enseignement général (…) cette voie ouverte par l’histoire et la géographie devrait pouvoir s’élargir maintenant à d’autres domaines d’enseignement importants, comme celui des sciences et de la vie de la terre (SVT) ou encore celui des langues régionales. Les projets ne manquent pas et c’est pourquoi il faut continuer à rechercher sans cesse de nouveaux moyens, de nouveaux partenariats institutionnels pour ne pas laisser retomber la dynamique qui s’est créée autour de l’adaptation des programmes… »
Yves Jacquier

« L’exemple majeur du travail de Bouésou Eurijisi montre, par contraste, que l’aspect qui nous manque dans la lecture et la compréhension de l’histoire d’ici, c’est la façon dont les Kanak voient les choses, leur histoire et sa relation à notre histoire (…) il appartient, à mon sens, aux institutionnels kanak d’épauler ceux qui souhaitent mener ce travail d’histoire vraie et de confrontation éclairée. A cet égard, on peut prendre comme exemple la démarche suivie par les aires coutumières et l’ADCK en matière de collecte du patrimoine oral, sur la base de conventions… »
Ismet Kurtovitch

Quelques lectures autour de ce dossier

Le Mwa Tea Mwalenbenglivre
Et le fils du soleil
De Jean-Marc Pidjo

L’Archipel des forçats, histoire
Du bagne de Nouvelle-Calédonie (1863-1931)
De Louis-José Barbançon

La main-d’œuvre néo-hébridaise en Nouvelle-Calédonie, 1865-1930
De Dorothy Shineberg

François Mitterrand et les territoires français
Du Pacifique 1981-1988. Mutations, drames et recompositions, enjeux internationaux et franco français
Ouvrage collectif sous la direction de Jean-Marc Regnault

Ils ont créé La Foa.
Familles pionnières de Nouvelle-Calédonie
Par Jerry Delathière. Edité par la mairie de La Foa, avec le concours du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Janvier 2001.



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