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Mwà Véé n°45 /

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A lire dans le nouveau Mwà Véé (n° 45)couv-num45Un dossier: la révolution de l'art contemporain kanak et océanien
Extraits ...
... de l’Éditorial
« Pourquoi l’art ancien des cultures dites traditionnelles, comme la culture kanak, est-il si prisé alors que l’art contemporain de ces mêmes cultures est si peu considéré ? Parce qu’il ne serait plus un art authentique ? Au prétexte que cet art actuel ne constituerait qu’un pâle artefact de celui qui l’a précédé durant des millénaires ?
En quoi cet art contemporain-là aurait-il moins d’intérêt et de valeur que celui qui est produit par les artistes des sociétés dites modernes ? Ne serait-ce pas plutôt une forme de nostalgie exotique qui pousserait ainsi à refuser à ces sociétés traditionnelles le droit vital à s’exprimer artistiquement dans un langage d’aujourd’hui, que l’on s’octroie sans complexe au sein des sociétés dites modernes ? (…)
Dans ce dossier, des spécialistes de l’art contemporain, comme Valérie Morignat ou Henri Gama, et les artistes eux-mêmes évoquent mieux que nous ces questionnements et cette détermination qui les habitent à ne pas laisser l’art actuel produit par les sociétés dites traditionnelles se mesurer à l’aune de l’exotisme ou de la valeur muséographique, mais à celle de son apport véritable à notre compréhension du monde. »
... des entretiens
« La recherche universitaire nourrit en permanence des projets qui concernent directement la Nouvelle-Calédonie. Penser l’essor des pratiques liées aux nouveaux médias apporte des idées neuves pour la dynamisation des politiques artistiques (…)
Les arts contemporains dits « africains » et « océaniens » sont souvent l’objet d’un a priori réductionniste qui les range du côté de « pratiques artistiques » situées entre un amateurisme éclairé et un héritage traditionnel modernisé.
Cette vision, évidemment tronquée et dépréciative, héritée d’un certain regard occidental, se rencontre aussi dans les aires mêmes de production des œuvres, ce qui est plus grave. Pourtant, il existe bien évidemment des artistes contemporains de grande qualité en Océanie comme en Afrique sub-saharienne, et dont la contemporanéité n’a rien à envier à celle de pairs occidentaux. Le problème se situe essentiellement dans les mécanismes actuels de reconnaissance de l’art en général et de l’art contemporain en particulier (…)
Évoluant à travers les langues, les cultures, les genres, les époques et les habitus, la création artistique de Nouvelle-Calédonie se définit indéniablement par une production métisse jaillie de ces interlocutions culturelles. Loin d’une simple poétique du mélange, le métissage artistique y est porteur d’un questionnement ontologique majeur. »
Valérie Morignat
Née à Nouméa, maître de conférences à l’universitéPaul-Valéry, Montpellier III, auteur d’une étude intitulée Réforme des formations artistiques en Nouvelle-Calédonie, 2003.

« Les choses bougent. Le centre Tjibaou joue, avec le FACKO et « Ko Névâ », un rôle important dans la production et la préservation de l’art kanak d’aujourd’hui ainsi que dans sa reconnaissance et sa promotion (…)
On a vécu une cassure lorsque notre art traditionnel a été condamné par la religion, interdit et brûlé en tant qu’élément diabolique, symbole de paganisme et de sorcellerie. Puis, petit à petit, l’envie de renouer avec nos formes d’expression traditionnelles, la sculpture, les chants, la danse, la musique, a repris le dessus sur cette période d’obscurantisme qui nous avait niés et condamnés au silence. Cela montre bien qu’on ne peut pas éternellement bâillonner un peuple. » (…)
Ito Waia
Sculpteur, plasticien, originaire de Nécé (Maré), vit à la tribu d’Azareu (Bourail).
Il a participé dernièrement à l’exposition collective « L’invitation au voyage. Les artistes pérégrins », organisée par l’association ArtSénat à Paris.

Denise Tiavouane et Richard Digoué ont participé à cette exposition en mai dernier à New York

paradise-now« Nous, artistes, ne sommes pas là pour faire de l’art pour l’art ou pour satisfaire notre ego. Nous avons un travail à faire et une responsabilité par rapport à notre société. Nous devons contribuer à transmettre l’identité kanak à nos jeunes. Nous avons en quelque sorte notre propre « politique » à jouer. Aller à New York, pour moi, c’est montrer, en tant que femme artiste, que nous existons, ici, au milieu du Pacifique, et ce, depuis très très longtemps. Dans une telle situation, on est ambassadeur de sa culture et de son art. »
Denise Tiavouane

Peintre, plastienne, originaire de la tribu de Pwëa (Saint-Gabriel), commune de Pouébo.
Elle a participé dernièrement à New York à l’exposition collective « Paradise Now ? » avec le soutien de l’ADCK – centre Tjibaou et de la mairie de Païta « Moi, en tant que danseur, j’ai envie d’explorer d’autres voies et le travail de Denise m’intéresse sur le plan de son contenu et de son rapport avec la terre ( …) Ses tableaux sur la danse m’intéressent beaucoup, ils me parlent et cette union de nos deux arts dans un travail de performance est l’opportunité d’explorer de nouveaux espaces d’expression et de création.La performance, dans ces conditions, c’est vraiment une voie nouvelle, une nature vivante. »
Richard Digoué

Chorégraphe, danseur, originaire de Yaté, a participé à la performance de Denise Tiavouane dans le cadre de « Paradise Now ? »

L’eau, c’est la vie ! œuvre réalisée dans le cadre du cycle « Eléments » par Steeve Thomo

cycle-elements_eau« Je m’inscris dans un mouvement né bien avant moi. C’est pourquoi, dans mes créations, j’intègre toujours mes racines et des éléments du passé. Sculpter, c’est une façon d’écrire, je trouve. Nos sculptures sont comme des livres et nos vieux en ont écrit beaucoup. Maintenant, c’est à nous de continuer.
(…) Si l’on veut vivre de son art, il faut travailler et cela commence, à mon sens, par la connaissance de notre culture, de nos traditions, de notre art. Nos sculptures, comme les chambranles et les flèches faîtières réalisés par nos vieux, ne sont pas des éléments décoratifs ou purement artistiques. Ce sont avant tout des témoins de notre histoire, de l’histoire des clans. On peut innover, bien sûr, comme nous le faisons aujourd’hui, mais on ne peut pas faire n’importe quoi dans ce domaine.»
Steeve Thomo

Sculpteur, originaire de Thio. Lauréat de la première bourse d’art contemporain kanak Jean-Marie Tjibaou. « Plutôt que de parler de l’existence d’un art contemporain kanak, je parlerais d’un courant artistique actuel. Mais je n’ai pas le sentiment que ce que l’on appelle l’art kanak contemporain, ou l’art kanak d’aujourd’hui si l’on préfère, ait trouvé sa place. Au cours des quinze dernières années, l’ADCK a contribué à faire émerger plusieurs artistes mais aucun d’eux n’a vraiment réussi à s’imposer à l’extérieur. Certains n’en sont pas loin, mais il faudrait qu’ils se « lâchent » davantage au lieu de se confiner toujours dans le même style.
Le milieu artistique local souffre aussi d’un problème de constance. Le mouvement Jinu Owa a bien fonctionné jusqu’en 1992, puis il s’est effrité pour différentes raisons. Il a fallu attendre 1996 pour assister à une relance artistique sous l’impulsion de l’ADCK.
Sandra Maillot Win Nemou

Plasticienne originaire de Poya, gestionnaire de la collection du Fonds d’art contemporain kanak et océanien (FACKO), au centre Tjibaou. « L’art kanak, à mon sens, est inspiré par des œuvres anciennes, des choses qui sont toujours vivantes, accompagnées de rites, reliées à une autre dimension (…)
Aujourd’hui, on va parler d’art à propos de peintures ou de sculptures dès lors qu’elles ont été conçues pour être accrochées au mur ou placées sur une stèle.
D’un autre côté, je comprends cette définition d’art kanak comme un moyen de montrer que l’on existe aussi par l’art, hier, comme aujourd’hui.
En découvrant le catalogue de la « Biennale de Nouméa » en 1998, je me suis dit « ça y est, ça commence ». Cette évolution que je ressentais chez les artistes kanak et dans l’art conceptuel m’a mise progressivement en confiance et m’a aidée à retrouver le chemin de la création (…)
Gracienne Gowemeuhou

Plasticienne originaire de Houaïlou, collaboratrice du Département des arts plastiques et des expositions de l’ADCK-centre Tjibaou, de 1998 à juin 2004
 

Dans ce dossier Également


L’art contemporain au centre culturel Tjibaou …
… A travers quelques exemples

Le gardien de la terre, de Yolande Moto (collection FACKO. ADCK-centre Tjibaou)

gardien-terrele Fonds d’art contemporain kanak et océanien (FACKO) Créé officiellement en 1995, cette collection unique au monde compte aujourd’hui près de 700 œuvres.

La bourse d’art contemporain kanak Jean-Marie Tjibaou
Créée en 2004 dans le cadre des programmes d’accompagnement et de promotion des artistes kana, elle a pour but d’aider le lauréat à s’insérer dans le milieu artistique local et régional et de le sensibiliser au fonctionnement des réseaux artistiques internationaux.

Le cycle « Éléments »
17 artistes kanak, océaniens et internationaux ont participé aux quatre résidences suivies d’expositions sur les thèmes de la terre, de l’eau et du feu. Plus de cinquante œuvres sont nées de ce projet original dont certaines sont venues enrichir le Fonds d’Art Contemporain Kanak et Océanien.

L’atelier d’estampes


Une quinzaine d’artistes kanak et calédoniens ont participé dernièrement, au centre Tjibaou, à un premier atelier de technique de l’estampe animé par un artiste métropolitain et un artiste calédonien. Leurs travaux sont présentés jusqu’au 17 octobre 2004.dans le cadre de l’exposition, «Impressions kanak » au centre Tjibaou.
Halte à la violence ! œuvre réalisée par Micheline Néporon dans le cadre de sa récente exposition au centre Tjibaou

Et d’autres informations…halte-violence

Un clin d’œil à… Micheline Néporon à l’occasion de la parution du catalogue de ses œuvres récentes – peintures et installations.

Le regard d’Henri Gama sur l’évolution des arts plastiques
En relation constante avec les artistes d’ici, tout en étant à l’écoute du monde artistique océanien et plus particulièrement mélanésien Henri Gama exprime ici les changements qu’il a captés au niveau de la création artistique calédonienne, de ses évolutions, de ses limites actuelles aussi.

Un hommage à Nicolaï Michoutouchkine et Aloï Pilioko qui ont consacré une grande partie de leur vie à faire connaître l’artisanat et l’art océanien à travers le monde tout en dynamisant l’art contemporain océanien.



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